Partager

La majorité et l’opposition ne se sont pas entendues hier pour le partage des sièges de la Commission électorale nationale indépendante. La majorité en réclamait 7 alors que l’opposition voulait la parité de 5 sièges entre les deux parties. Deux jours de réunions tenues du 15 au 16 septembre n’ont pas permis de les départager.

Le constat d’échec de la concertation était manifeste au point que les deux camps ont élevé le ton dans une ambiance surchauffée. C’était dans la salle de réunion du ministère de l’Administration territoriale et des collectivités locales. Le président de séance était Youssouf Traoré de l’UFDP et le vice-président Sidy Camara du Parena.

Participaient, entre autres, à la réunion, Me Mamadou Gakou, représentant du FDR, porte parole de l’opposition ; le président du l’URD, Younoussi Touré ; le président du RDS, Younouss Hamèye Dicko et Le président du Moréna, Lassana Doumbia.

C’est aux environs de onze heures, hier, que la concertation a pris fin en queue de poisson. Les derniers participants que nous avons trouvés dans la salle de réunion gardaient encore le ton de l’invective et arboraient la mine du désaccord. Le président du Moréna a expliqué : « La semaine dernière, le ministre de l’Admi_nistration territoriale et des collectivités locales nous a convoqués pour la mise en place de la Commission électorale nationale indépendante. Dans la lettre, au plus tard le 17 septembre, les représentants des partis politiques devaient envoyer au ministre de l’Administration territoriale et des collectivités locales la liste de leurs représentants à la CENI.

Donc l’objet de la concertation qui a commencé depuis hier, était de mettre en place la CENI qui devait se faire concomitamment avec la révision des listes électorales qui démarre le 1er octobre. La CENI est une structure créée à la demande de l’opposition pour éventuellement contrôler l’organisation des élections, mais on a assisté, au regard des considérations politiques, à la prise en otage de cette structure.

Souvent la CENI est représentée par 9 membres de la majorité contre 1seul de l’opposition. Nous nous sommes dits maintenant que trop c’est trop, on ne peut pas travailler et se contrôler. On est en train de torpiller la loi, la CENI est avant tout, une structure de l’opposition ». Il a expliqué que depuis le premier jour de réunion, l’opposition a tenu à faire preuve de tolérance, car au regard de la configuration politique actuelle, il n’y a pas de majorité dans notre pays. « Vous l’avez constaté, a-t-il dit, à la dernière élection présidentielle, on a fait le constat d’une majorité qui n’a pu présenter de candidat et qui a suivi un indépendant ».

Sur le point des quotas, a dit M. Doumbia, la majorité s’est montrée trop cupide et a réclamé 7 sièges. L’opposition, a indiqué le président du Moréna, veut appliquer la parité de 5 sièges pour la majorité et 5 pour l’opposition.

Aujourd’hui, a-t-il fait remarquer, les deux camps sont figés sur leurs positions et un P.V. de carence a été rédigé par l’opposition et adressé au ministre de l’Administration territoriale. Le président du Moréna a fait observer qu’au Niger, au Burkina et dans d’autres pays africains, l’opposition compte un nombre plus élevé de membres que la majorité à la CENI puisque c’est elle qui est chargée du contrôle des élections et compte tenu du fait que la majorité est déjà présente dans les structures d’organisation.

Constat de carence

Les 15 et 16 septembre 2008 ont eu lieu deux séances de discussions entre les représentants des Partis Politiques de l’opposition et de la majorité dans la salle de réunion du Ministère de l’Administration Territoriale et des Collectivités Locales.

Ces séances ont été consacrées aux modalités de répartition des sièges à la CENI attribués aux Partis Politiques au terme de l’Article 4 de la loi électorale.

Une interprétation divergente des dispositions de cette loi est apparue concernant la clé de répartition des 10 sièges réservés aux partis politiques.

En effet la majorité a proposé 03 sièges pour l’opposition contre 07 pour la majorité tandis que l’opposition propose 05 sièges pour chaque partie.

Chaque bloc a développé son argumentaire durant les deux séances sans parvenir à un accord.

Il a été alors décidé de soumettre au Ministère de l’Administration Territoriale et des Collectivités Locales le présent compte-rendu pour constater le désaccord entre la majorité et l’opposition sur la clé de répartition des sièges attribués aux partis politiques au sein de la CENI.
Les rapporteurs :


Le président de Séance

1. M. Yamoussa Traore M. Youssouf Traoré

2. M. Oumarou A. Dicko Le vice-président

M. Sidy Camara


Baba Dembélé

17 Septembre 2008