Partager

Le ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou et les présidents de dix collectivités territoriales du Mali ont signé, jeudi dernier, des conventions de financement de projets pour un montant global estimé à 38,450 milliards de Fcfa sur le Fonds pour le développement durable (FDD). La cérémonie de signature s’est déroulée dans les locaux dudit département, en présence de plusieurs membres du gouvernement et des gouverneurs des régions concernées.

C’est à la suite d’un long processus qui a mobilisé la plupart des acteurs que le Comité de pilotage du Fonds, lors de sa session du 29 avril dernier, a approuvé le financement de 16 projets pour un coût total évalué à 38,450 milliards de Fcfa. Il s’agit de neuf projets dans les Régions de Tombouctou, Gao, Kidal, Taoudénit et Ménaka pour un montant de 12,069 milliards de Fcfa, de trois projets au profit de la Région de Mopti dont le coût est évalué à 13,610 milliards de Fcfa et de quatre projets à réaliser dans les Régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso et Ségou, à hauteur de 12,771 milliards de Fcfa.

Les projets concernent deux des trois axes du FDD, à savoir les axes II et III. Le premier, Développement des infrastructures, comporte huit projets estimés à 26,694 milliards Fcfa, dont trois projets de réalisation de routes pour 19,931 milliards Fcfa, quatre projets d’hydraulique pour 5,087 milliards de Fcfa et un projet d’infrastructures marchandes (marché) pour 1,676 milliard de Fcfa.

Le deuxième projet, Développement économique, porte également sur huit projets évalués à 11,756 milliards Fcfa (tous des projets d’aménagement hydro agricole). Le montant mobilisé pour le FDD est d’environ 61 milliards de Fcfa, dont 59,7 milliards financés par l’État malien et un appui de 1,3 milliard de Fcfa de l’Agence française pour le développement (AFD).

Selon le ministre de l’Économie et des Finances, cette signature de conventions marque une étape importante dans la mise en œuvre du volet «Développement économique, social et culturel» de l’Accord pour la paix et la Réconciliation, issu du processus d’Alger. Alousséni Sanou a ajouté qu’elle traduit la ferme volonté du gouvernement d’avancer sur le sentier de la paix, de la réconciliation et du renforcement de la cohésion sociale.

Le ministre en charge des Finances a ainsi exhorté tous les acteurs notamment les gouverneurs des régions et les présidents des Conseils régionaux, à assurer un suivi régulier de la mise en œuvre des projets, dans le respect des délais impartis.

Les collectivités territoriales souhaitent que ce mécanisme soit préservé pour le financement de la décentralisation, a plaidé le représentant des conseils régionaux. Siaka Dembélé a ajouté que les projets sont d’une grande importance pour le développement des collectivités. «C’est à travers cette décentralisation que nous atteindrons un développement souhaité avec la participation de toute la population», a-t-il indiqué

Pour l’ambassadeur de l’Algérie au Mali, l’identification, la validation et le lancement de ces projets sont des étapes importantes dans le processus de mise en œuvre de l’Accord. Ces projets marquent l’accomplissement de l’un des engagements-clés de cet Accord, a insisté Lamri Chabane, précisant que cette signature va dans le sens des efforts déployés pour l’accélération de la mise en œuvre de l’Accord et du retour à la normale dans les régions bénéficiaires.

En ce qui concerne l’Algérie, le diplomate dira que des consultations sont en cours pour la concrétisation, dans les meilleurs délais possibles, des projets annoncés en faveur des régions du Nord notamment la réhabilitation d’une école et la réalisation d’une polyclinique et d’un forage. Lamri Chabane a encouragé les acteurs maliens à continuer à saisir les opportunités qui leur sont offertes par les partenaires à travers différents projets.

Conformément aux dispositions du Titre IV de l’Accord pour la paix, le Mali a élaboré et validé le document de la Stratégie spécifique de développement intégré des régions du Nord, en juillet 2017. Le FDD constitue l’un des instruments de financement de ce plan. Créée suivant la loi n°2018-008 du 12 février 2018, le Fonds pour le développement durable est destiné au financement des projets et programmes dans le cadre du développement équilibré de l’ensemble des régions de notre pays, conformément à l’un des principes directeurs de l’Accord.

Ainsi, le gouvernement s’est engagé à assurer au Fonds une gouvernance inclusive respectant les exigences de redevabilité et de transparence administrative et financière. Il a adopté les textes de création et les modalités d’organisation, de fonctionnement des organes de gestion (Comités de pilotage et de gestion) du Fonds pour le développement durable. Le manuel de procédures administratives, financières et comptables du FDD a également été élaboré.

Fadi CISSÉ

Source: L’Essor