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Persistance de l’insécurité, affaiblissement prévu de la Minusma, difficultés à financer la reprise économique… Le représentant de l’ONU au Mali, Bert Koenders, et le ministre malien de la Réconciliation nationale, Cheick Oumar Diarrah, ont plaidé devant le Conseil de sécurité pour que la communauté internationale ne se désintéresse pas du pays.

Face à une situation sécuritaire tendue, la Minusma se sent démunie. C’est du moins ce qu’a fait comprendre le représentant spécial de l’ONU au Mali, Bert Koenders, dans une déclaration, mercredi 16 octobre, devant le Conseil de sécurité. « La mission a besoin d’hélicoptères (…) pour accéder aux zones reculées afin de protéger les civils », a-t-il dit.

Si la Minusma compte quelque 6 300 hommes sur le terrain, promis essentiellement par des pays africains, elle devait doubler ses effectifs prévus d’ici la fin de l’année. Mais l’objectif d’avoir 12 600 hommes a été revu à la baisse et le chiffre de 9 000 hommes est désormais avancé (l’ONU négocie l’envoi de troupes avec l’Inde, le Pakistan et la Chine).

Bert Koenders a donc plaidé pour un renforcement de la mission et « invité les membres du Conseil et les pays qui fournissent des troupes (à la Minusma) à faire le maximum pour permettre un déploiement rapide de moyens de transport et de bataillons supplémentaires au Mali ». Mettant l’accent sur « les risques d’attaques asymétriques », il a évoqué le récent attentat à Tombouctou et les tirs d’obus à Gao (« un important rappel à l’ordre », selon lui).

Sur les 477 millions de dollars promis par la communauté internationale, seuls 37% sont pour l’instant financés.

Il reste « beaucoup à faire »

Mais le patron de la Minusma n’est pas seulement « inquiet de la fragilité de la situation sécuritaire, en particulier dans le nord » du Mali. Il a également déploré que l’appel de fonds lancé pour remédier à la crise humanitaire au Mali n’ait reçu qu’un « faible soutien international »: sur les 477 millions de dollars promis au début, seuls 37% sont financés pour l’instant, ce qui laisse  » un trou de 300 millions de dollars », alors que les besoins « restent impressionnants ».

Le ministre malien de la Réconciliation nationale, Cheick Oumar Diarrah, s’est lui aussi adressé au Conseil, lançant « un appel pressant à la communauté internationale afin qu’elle mobilise d’urgence les contributions attendues pour relancer le développement économique au Mali ». Il a lui aussi estimé que « la lutte contre le terrorisme et le crime organisé n’était pas terminée au Mali » et qu’il restait « beaucoup à faire » sur le plan humanitaire. A-t-il été entendu ?

16/10/2013 à 20:06 Par Jeune Afrique (Avec AFP)