Partager

Les structures de conception, de préparation, de régulation et de contrôle du Budget de l’Etat dans tous ses aspects seront en grève à partir du jeudi prochain et cela pour 48 heures.

La Section Syndicale des Finances a, en effet, déposé le mercredi 19 novembre 2008, un préavis de grève auprès du Ministère du travail, de la fonction publique et de la réforme de l’Etat pour le jeudi 18 décembre 2008 et vendredi 19 décembre 2008. C’est ce qui ressort d’un communiqué de presse signé par le Secrétaire Général de ladite section, Alassane D. Cissé en date du 15 décembre 2008.

Ledit communiqué déposé à notre rédaction le même jour précise que la section, depuis le 16 septembre 2005, avait déposé auprès du ministre des Finances un cahier de doléances comportant treize (13) points de revendications dont les principaux étaient :

L’octroi d’une prime de rendement au taux de 18% du traitement indiciaire ou du salaire de base; l’octroi d’une prime spéciale de fonction mensuelle en compensation du fonds commun et autres avantages accordés aux agents des régies financières ; l’attribution d’un local à la section Syndicale et à la mutuelle des finances.

Des revendications légi-times qui ont été formulées avec un sens élevé de responsabilité pendant des années mais dont l’actuel ministre des finances n’en a jamais tenu compte. Et contrairement à son attitude qui consiste à faire espérer les travailleurs, la Section des finances, parfaitement au fait des réalités et surtout des possibilités du pays, a toujours posé ses revendications dans un cadre logique, responsable et de concertation afin de trouver une solution idoine, pérenne et réaliste aux problèmes ainsi posés.

Des problèmes qui ont pour noms « la situation inégalitaire de motivation et d’intéressement au département des finances .

Dans ce département qui comporte deux types de services, les faveurs du ministre des finances vont aux services de l’assiette, du recouvrement et de la gestion des recettes budgétaires (Impôt, Douane et Trésor).

Des services considérés comme des grands pourvoyeurs de fonds du Trésor Public.

Quant aux structures de conception, de préparation, de régulation et de contrôle du budget de l’Etat dans tous ses aspects, considérées com-me celles qui sont dans la chaîne de dépense, elles ne bénéficient d’aucun traitement de faveur de la part du ministre des Finances bien que travaillant sur la même matière que les services de l’assiette, du recouvrement et de la gestion des recettes budgétaires.

Et malgré toutes les bonnes dispositions du syndicat comme entre autres la participation à une mission paritaire de collecte d’informations dans quatre (04) pays voisins (Burkina, Bénin, Niger et Sénégal en 2005); la participation à quatre commissions paritaires ayant le même objectif et dont les termes de référence avaient été fixés par le ministre des Finances et son cabinet; et surtout une étude exhaustive et détaillée de la question des primes et intéressements susceptibles d’être accordés aux services de la dépense, de régulation et de contrôle du Ministère des Finances faite par la Cellule d’Appui à la Réforme des Finances Publiques (CARFIP), il n’y a eu aucun règlement des questions pendantes.

Toutes choses qui ont poussé la section syndicale a opté pour un arrêt de travail dans l’ensemble des services pour les journées du jeudi 18 et vendredi 19 décembre 2008. Une radicalisation qui s’explique par le constat du manque d’initiatives significatives de la part du ministre des Finances après quatre années de concertations.

Et même durant la semaine de négociations ouverte après le dépôt du préavis de grève du 19 novembre 2008 sous l’égide de la commission de conciliation mise en place à cet effet, le département a adopté une position rigide et dilatoire refusant toute concession.

Et pourtant, cet entêtement du ministre des Finances risque de coûter cher à l’Etat Malien surtout en cette période de crise financière mondiale. Avec cette grève de 48 heures, c’est toute la chaîne de dépense du Budget de l’Etat qui risque d’être grippée.

Ce sont en effet tous les services chargés de la régulation et du contrôle du Budget qui sont concernés : La Direction Générale du Budget et services rattachés (Bureau Central de la Solde et Transit Administratif); Direction nationale du Contrôle Financier; Direction de l’Administration des Biens de l’Etat; Direction Générale du Contentieux de l’Etat; Direction Générale des Marchés Publics; Inspection des Finances; Cabinet des Finances; Direction Admi-nistrative et Financière du Ministère des Finances; toutes Directions Régio-nales du Budget; Toutes Directions Régionales du Contrôle Financier et toutes les délégations du Contrôle Financier.

C’est dire donc que les conséquences de cette grève de 48 heures se feront sentir immédiatement.

Il y aura en effet une paralysie totale du système de financement de l’Etat. Pire encore l’exécution correcte du Budget d’Etat va être suspendue car ce sont les structures qui sont dans la chaîne de dépense qui seront en grève. L’autre conséquence né-faste pour les opérateurs économiques et même pour les pauvres salariés est que même les paiements au niveau du Trésor public vont être bloqués parce que les services chargés de la Régulation et du contrôle du Budget d’Etat sont concernés.

Birama Fall

16 Décembre 2008