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Les difficultés nées dans la mise en place et la gestion du Haut Conseil Islamique du Mali vont-elles se répéter avec la création du Ministère Chargé des Affaires Religieuses et du Culte ?

jpg_une-1000.jpgUne forte tension sévit au sein de la Communauté musulmane depuis la mise en place du Gouvernement d’Union Nationale. Les quatre(4) tendances religieuses (catholique, protestante d’un côté, Soufis et Sunnites de l’autre) sont plongées dans ce que nous appelons le marquage à la culotte. Qui sortira vainqueur de cette scène d’hypocrisie où les Sunnites semblent l’emporter sur les Soufis. En tout cas, d’après ce qui se murmure, une crise couve entre les diffèrents coreligionnaires qui, si rien n’est fait, risque d’être pire que les crises politiques et institutionnelles desquelles sort lamentablement le Mali.

«Nous n’accepterons pas que notre ministère de tutelle soit géré comme l’a été ces dernières années le Haut Conseil Islamique du Mali. Nous demandons la vigilance du Président de la République par Intérim et du Premier Ministre afin que les préoccupations de toutes les tendances religieuses soient prises en compte sans exclusion aucune», avertit un leader religieux, non moins Soufi qui estime tout de même que l’actuel ministre Chargé des Affaires Religieuses est issu de la tendance sunnite de la Communauté musulmane. «Je souhaite que les Soufis et les Chrétiens ne soient pas marginalisés lors des nomination. Parce que simplement nous ne voulons pas être frustrés et nous souhaitons être là au moment de la prise de décision. Sans quoi, notre pays tend vers une Islamisation totale», renchérit notre interlocuteur. D’ailleurs, au moment où nous mettions sous presse cette information, une importante réunion secrète se tenait ici à Bamako autour de la question.

Un autre Soufi des Tidianiya déplore de son coté la «monopolisation et l’instrumentalisation» du Haut Conseil Islamique par certains Sunnites.

Les plus hautes autorités doivent donc veiller au grain, quand on sait que ce ministère chargé des Affaires religieuses ne sera pas en dehors des négociations avec les Islamistes du Nord, plus que jamais décidés à faire appliquer la Charia.

Il est utile de préciser que la mise en place de l’actuel bureau du Haut Conseil Islamique en 2007 a souffert de beaucoup d’irrégularités. «Avant la mise en place de ce bureau, 170 associations avaient été convoquées, un mois à l’avance. Malheureusement, 24 seulement ont participé, car à moins d’une semaine de l’élection, il a été exigé le paiement de 125.000 F.CFA, condition sine qua none de participation. Ce qui a conduit à l’exclusion des autres associations.

Pire, sur les 24 associations, 4 à 5 seulement étaient représentées dans le bureau, en grande majorité des Sunnites. Ce que nous avons déploré à l’époque, puisqu’ un feuilleton judiciaire a suivi les faits», rapporte un Sunnite qui estime que son association a été mise à la touche en violation flagrante des textes du HCI.

Si les religieux ont demandé et obtenu la création d’un ministère, ils doivent parler le même langage. Les autorités sont donc interpellées.

Boubacar KANTE

Le Progrès du 29 Août 2012