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La violation des conventions, des textes, des protocoles d’accord, la prise en otage du corps des surveillants des services pénitentiaires et de l’éducation surveillée… sont à l’origine du préavis de grève des 2 et 3 avril de la section syndicale du ministère de la Justice.

Dans une correspondance déposée à notre rédaction et signée de son secrétaire général, avec ampliation au ministre du Travail et de la Fonction publique, à l’UNTM, au Syndicat national des travailleurs des administrations d’Etat (Syntade), la section syndicale du ministère de la Justice décide d’observer une grève les 2 et 3 avril prochains. Cette cessation de travail des surveillants de prison, des financiers, des secrétaires, des chauffeurs, des courtiers, des plantons sera reconduite quinze jours plus tard au cas où la section n’obtiendrait pas satisfaction.

Le communiqué fait état de la « mauvaise foi » de la direction nationale de l’administration pénitentiaire et de l’éducation surveillée face à la relecture du statut particulier des fonctionnaires, du cadre de la surveillance des services pénitentiaires et de l’éducation surveillée, le non-octroi de l’indemnité spéciale de la surveillance et de prime de responsabilité, l’ostracisme dont sont victimes les fonctionnaires du cadre de la surveillance des services pénitentiaires et l’éducation surveillée.

« Le syndicat, poursuit le communiqué, dénonce la violation des conventions 87-98/OIT relatives à la liberté syndicale et la protection du droit syndical ». Les travailleurs revendiquent également l’application des différents protocoles d’accord signés (23 juin 2003, 25 mars 2005, 13 mai 2006) sur les points suivants : la dotation annuelle des surveillants en tenue de travail et bi-annuelle en paquetage complet, l’équipement des maisons d’arrêt des capitales régionales et de Bamako en matériel informatique, l’électrification des maisons d’arrêt.

Le redéploiement exclusif en intégralité des surveillants de prison par l’application correcte du statut des surveillants de prison, l’octroi de la prime de risque et des heures supplémentaires aux chauffeurs, de moyens logistiques et financiers au niveau des sections de la direction administrative et financière font également partie des revendications du syndicat.

Selon un membre du bureau syndical, après le dépôt du préavis de grève le 13 mars, le syndicat a reçu le lendemain une correspondance du ministre de la Fonction publique demandant la mémoire en défense des futurs grévistes et la mise en place d’une commission de conciliation. Ces actions sont-elles les débuts d’un déblocage ? En tout cas le syndicat se dit décider à se faire entendre. « Nous sommes déterminés à nous faire entendre cette fois ci », affirme notre interlocuteur.

Amadou Sidibé

19 Mars 2008.