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Minetou HAÏDARA était propriétaire d’un grand centre de Teinture à Magnambougou. Aujourd’hui avec l’arrivée du Bazin riche Getzner sur le marché,  cette cheffe d’entreprise a vu son personnel réduit et son chiffre d’affaire baissé. 

Ici, en famille se trouve désormais la petite entreprise de la teinturière Minetou HAÏDARA. Elle travaille en collaboration avec ses filles dont l’une est vendeuse de Bazin riche Getzner. Sous cet hangar aménagé en lieu et place d’un grand centre abandonné à Magnambougou, les employés de Minetou HAÏDARA sont d’arrache-pied pour satisfaire les clients. D’une quinzaine d’employés, seulement quatre travaillent aujourd’hui pour la teinturière.  Elle accuse le ’’ Bazin riche Getzner’’ qui l’une des principales causes de cette réduction de personnels. « Depuis que le Bazin riche Getzner a fait son apparition au Mali, mon commerce ne marche plus. Je n’ai plus assez d’employés, ils sont tous partis. À vrai dire, ce métier n’est plus rentable comme avant » ; dit-elle.

L’arrivée du Bazin riche Getzner a eu d’impacts énorme sur l’activité des teinturières et sur l’économie malienne. Soutient Fatoumata BABY, la fille de la teinturière « Les Bazins teintés se font rares parce que l’industrie moderne a pris de l’ampleur.  Et ce fait joue négativement sur les teinturiers. Raison pour laquelle beaucoup se trouvent en chômage aujourd’hui » ; dit-elle. 

Le Bazin teinté a une durée de vie plus longue, il est aussi résistant par rapport au Getzner. « Le Bazin teinté dure plus que le Getzner. Même quand on lave les deux, vous verrez qu’il brille que celui de la modernité (Getzner) » ; Renchérit notre interlocutrice. 

Dans le passé, cette activité a été un moyen très efficace pour Minetou HAÏDARA de prendre en charge ses enfants. Vu que leur père ne vit plus. « Ce métier a permis à ma mère de prendre en charge les études de ses enfants notamment moi. Elle a aussi ouvert un atelier de couture pour ma grande sœur » ; a précisé Fatoumata BABY. 

Le métier de teinture n’est pas sans conséquences sur la santé de ceux qui le pratiquent.  Minetou HAÏDARA dit avoir une solution. « Bien avant la covid 19, mes employés portaient le masque. Et après le boulot, ils boivent du lait » ; a conclu Minetou HAÏDARA.

Face à cette situation, pour survivre, beaucoup de teinturiers se sont déjà reconvertis en d’autres domaines d’activités. La teinture essaye de survivre comme elle peut. 

Adama SANOGO

@Afribone