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S’expliquant sur les raisons de l’arrêt momentané de la mine d’or de Wassoul’Or qui traverse un moment difficile depuis le coup d’Etat de mars 2012, son PDG, Aliou Boubacar Diallo, promet la réouverture très prochaine de la mine d’or.

Première mine d’or industrielle au Mali à capitaux essentiellement nationaux, la Société d’exploitation et de production de ressources minières de Kodiéran, propriété de Wassoul’Or, connaît des difficultés. Conséquence : l’usine ne tourne plus depuis quelques mois.

Pour des raisons économiques, la direction a mis au chômage technique 230 de ses travailleurs, « conformément aux dispositions du Code du travail ». Ces derniers temps, certaines personnes de la société et des créanciers affirment que le PDG Aliou Boubacar Diallo a utilisé l’argent de l’entreprise à d’autres fins. Ce qui, à leurs dires, a conduit à l’arrêt.

Pour couper court à cette « désinformations », le PDG Aliou Boubacar Diallo a animé hier une conférence de presse et donné des informations sur la situation qui prévaut à Wassoul’Or dont il est l’actionnaire majoritaire avec 54 %.

Un total bilan d’investissement de 170 milliards de F CFA

Selon le PDG Diallo, la situation à Wassoul’Or est imputable au coup d’Etat de mars 2012. « Quand la crise a éclaté, les concepteurs canadiens, qui avaient en charge le fonctionnement de l’usine pendant deux années, sont rentrés chez eux, car les conditions de sécurité n’étaient plus réunies dans notre pays ». Il a ajouté que les Canadiens, concepteurs de l’usine, devaient installer un système de « commissionning » pour parachever toute la chaîne de production.

Pour le PDG, le départ des Canadiens n’a pas pour autant freiné la mise en œuvre du projet. D’autres opérateurs étrangers ont été sollicités pour remplacer le constructeur de l’usine. Mais, ces derniers ne sont pas parvenus à maintenir le cap. La société était alors obligée de se tourner vers les Maliens. Avec ceux-ci, le taux de récupération de l’usine n’a jamais dépassé 30 %.

A en croire M. Diallo, son seul apport (un prêt) de 115 milliards de F CFA « contribue plus à faire fonctionner la société que tous les fonctionnaires, ce dans le seul souci que la société se maintienne ». Ce n’est pas tout. Tous les mois, affirme M. Diallo, il prête 300 millions F CFA à Wassoul’Or. « Au lieu de me remercier, on se permet de dire que je prends l’argent de la société pour investir ailleurs et dans d’autres pays ». Il précise que tous les salaires du personnel ont été payés par l’entreprise.

Après 2 ans de crise, la situation de la société laisse apparaître un bilan désespérant. Sa dette totale est évaluée à 168 milliards de F CFA. Sur cette somme, la société lui doit 115 milliards F CFA. A la société allemande, elle doit 38 milliards F CFA, aux systèmes bancaires 7 milliards F CFA, à des fournisseurs locaux 6,7 milliards F CFA, à l’Etat et à l’INPS, 400 millions F CFA chacun.

Malgré cette situation, M. Diallo laisse entendre que l’espoir est permis pour la réouverture de la mine. Plusieurs pistes sont en train d’être explorées. Il s’agit, entre autres, de l’arrivée d’autres partenaires « les discussions sont bien avancées à ce niveau », le financement bancaire.

Les actionnaires au cours d’une assemblée générale extraordinaire ont aussi décidé d’augmenter le capital de la société à 35 milliards F CFA sans dilution des actionnaires. « Nous faisons tout notre possible pour que Wassoul’Or s’ouvre dans les meilleurs délais pour le bien du Mali et de ses travailleurs », souligne-t-il.

Amadou Sidibé

27 Mai 2014