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La Société d’exploration des mines d’or de Yatela-SA a décidé de suspendre les activités d’excavation minière à compter du 30 septembre 2013. Cette décision résulte d’une combinaison de facteurs, notamment la sécurité des mineurs dans la fosse, la chute du prix de l’or au comptant ainsi que la réduction de la marge bénéficiaire. La Section nationale des mines et des industries (Secnami) n’est pas favorable à la décision. Elle a organisé le mardi 17 septembre un point de presse à la Bourse du travail pour faire entendre sa voix.

Fousseyni Touré, secrétaire général de la Section nationale des mines et des industries, assisté de Mahamadou Konté et de Cheick Tidiane Fofana, respectivement président des commissions mises en place auprès de Yatela-SA et de Saharamining à Tienfala pour dialoguer pour une solution aux problèmes, notamment de suspension des activités d’excavation à la mine de Yatela et surtout du licenciement abusif à Saharamining étaient face à la presse.

Selon les conférenciers, ce sont plus de 400 travailleurs qui se retrouvent sur le carreau le 30 septembre 2013. A les en croire, l’annonce de l’arrêt des activités d’excavation a déjà suscité au sein des travailleurs et de la population peur et angoisse puisqu’ils doivent faire face aux conséquences environnementales de l’après mine. Pour ces raisons, les représentants des travailleurs exigent un report de la date de suspension des activités d’excavation.

″Nous avons approché des responsables de la mine et nos autorités pour leur expliquer la nécessité de revoir la décision de suspension de l’excavation, il en va de l’intérêt des travailleurs et de la mine qui, normalement, doit dans son plan, fermer en avril 2014″,

Bien qu’un processus de démantèlement progressif du site soit prévu à partir du 30 septembre 2013, l’activité de traitement du remblai de lixiviation et du minerai déjà extrait se poursuivra jusqu’à la fin de l’année 2016, puisque la fin des activités d’extractions minières ne signifie pas pour autant la fin de la mine. Selon les conférenciers, l’arrêt des activités minières aura plus d’incidence sur les activités de développement communautaires à Yatela.

S’agissant du sort des 55 travailleurs licenciés par Saharamining et Total, les conférenciers ont réclamé la réparation des préjudices. ″Nous demandons à Saharamining et à Total, qui ont illicitement licencié des travailleurs, de respecter la responsabilité sociale des entreprises en les remettant dans leurs droits″.

Pour eux, toutes les discussions relatives au plan de fermeture de Yatela doivent se poursuivre sous la supervision de la Commission nationale de fermeture de Yatela qui a sous les bras un plan social jusqu’à la conclusion d’un accord définitif. Siaka Diakité SG de l’UNTM a soutenu les conférenciers en leur exprimant sa solidarité et l’accompagnement du bureau de l’UNTM

La Société d’exploration des mines d’or de Yatela-SA est une co-entreprise entre Iamgold (40 %), AngloGold Ashanti (40 %) et le gouvernement du Mali (20 %).

Le projet de la mine Yatela-SA a débuté en 1997. Le permis d’exploitation a été délivré en 2000 et le premier lingot d’or a été coulé en 2001. La durée de vie initiale de la mine était de 6 ans, portant ainsi la fermeture en 2007.

A la suite des différentes recherches géologiques effectuées à l’intérieur de la zone du permis par la société, d’autres gisements économiquement exploitables ont été découverts, ce qui a prolongé la durée de vie de Yatela-SA et a repoussé à plusieurs reprises sa date de fermeture.

Idrissa Sako

Les Echos du 18 Septembre 2013