Partager

Pour avoir réclamé de meilleures conditions de travail et de vie et l’installation d’un comité syndical, 135 travailleurs de la mine d’or viennent d’être mis à la porte. Sans ménagement.

La nouvelle est tombée la semaine dernière : 135 travailleurs ont été licenciés sans préavis par la société minière de Yatela. Selon nos informations, leur seul tort aurait été de réclamer l’amélioration des conditions de vie que la société s’était engagée à faire depuis belle lurette mais également protester contre l’absence de syndicat au sein de la société.

Nos sources rapportent que la direction de la mine d’or de Yatela, qui n’a jamais honoré ses engagements, est allergique à l’idée de la formation d’un syndicat.

Dirigée par l’AMS (société australienne), la mine d’or de Yatela aurait signé un contrat avec l’inspection du travail de Kayes interdisant pendant deux ans la constitution de tout mouvement de travailleurs dans la mine. « Nous n’avons pas de pause. Nous travaillons 12 h sans répit et même en cas de faim, il est impossible d’arrêter le travail », se plaint un travailleur.

Les licenciés ont été remplacés par des Ghanéens. Le hic, selon les travailleurs, est que le gouvernement n’a pipé mot. « Nous sommes des laissés-pour-compte. Les pouvoirs publics sont indifférents à la situation que nous vivons. Nous nous demandons s’ils ne sont pas en complicité avec les décideurs », pense un autre travailleur.

Pour mettre un terme à la vague de licenciements que les travailleurs voyaient s’élargir à d’autres mines comme Morila, Sadiola, ils n’écartent pas l’hypothèse d’un arrêt de travail. Aux dernières nouvelles, le directeur général de l’AMS aurait posé ses valises à Yatela pour certainement essayer de concilier les points de vue.

Les travailleurs voient en cette « compression » qu’ils qualifient de « forcée » une façon de diminuer le staff. « La pression est devenue forte au point que les gens ont peur d’aller à l’hôpital pour se faire consulter au risque de se voir remercier », explique notre source.

Cette dernière indique que par souci de solidarité, les travailleurs de la mine d’or de Morila exigent la reprise sans condition des agents « remerciés » non pas pour insuffisance professionnelle, mais pour avoir protesté contre un système.

Mohamed Daou

05 Novembre 2008