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Ils sont quelque 100 travailleurs de Morila et de la Société malienne d’exploitation (Somadex) à voir l’épée de Damoclès du licenciement pendre sur leurs têtes.

Des travailleurs de Morila et de la Somadex sont depuis quelques mois sur le qui-vive. La direction a entamé un programme de licenciement des agents. A Morila, ils sont pour le moment 15 travailleurs à être mis à la porte. Dans les prévisions, le licenciement concerne 75 % des délégués du personnel CSTM, 39,13 % des délégués syndicaux CSTM et 20 % des membres du comité d’hygiène et de sécurité. C’est qui ressort d’une conférence de presse organisée le jeudi 2 avril 2009.

Le porte-parole des délégués du personnel, le président du bureau central de la CSTM, Hamadoun Amion Guindo, Drissa Samaké, secrétaire général de la Somadex, Alifa H. Koné ont tenu à expliquer les déboires des travailleurs de la mine. Ce licenciement qui ne dit pas son nom intervient, selon le porte-parole, Ismaël M. Doumbia, après celui de 2005 où plus de 350 travailleurs ont remerciés par la direction de Morila.

Les motifs de licenciement économique avancés par les employeurs ont été battus en brèche par les conférenciers, qui jurent la main sur le cœur un licenciement abusif en violation de toutes les procédures légales. Pour eux, la suppression des différents postes ne se justifie point. « Le prix de l’once d’or tutoie aujourd’hui les 1000 F CFA alors qu’il tournait autour de 300 à l’ouverture de la mine ».

Le directeur, à en croire M. Doumbia, a déclaré lors d’une sortie que l’exploitation n’est pas compromise si le prix ne descend pas en deçà des 700. Les conférenciers ont apporté des démentis sur la fermeture très prochaine de Morila.


Salaires bruts seulement

Pour eux, ce n’est pas la mine qui ferme mais l’extraction qui s’arrête. « Le minerai stocké sera traité jusqu’à 2013 ». Cette question divise travailleurs et direction.

Toujours est-il qu’à Morila, aucune disposition de la convention qui régit les travailleurs n’est appliquée. A commencer par la gratuité des soins. « Les gens tombent malades sans assistance et meurent comme de vulgaires délinquants alors qu’il y a un texte qui est censé nous protéger ».

« On licencie de façon unilatérale. La liste des personnes à licencier est établie sans tenir compte des critères objectifs comme l’aptitude professionnelle et l’ancienneté » .

Pis, aucune formation en vue de la réinsertion des travailleurs n’est assurée alors que l’exploitation a commencé depuis 10 ans. De plus, aucune prime ou indemnité de reconversion n’est prévue. « A Morila, toute réclamation de droit au nom du groupe ou à l’inspection vous expose tout de suite à un licenciement ».

A la Somadex, dira le SG du syndicat, de 2000 jusqu’à 2009, les travailleurs n’ont perçu que leurs salaires bruts en dépit de l’injonction de l’inspection du travail qui a sommé la direction à revoir sa position. Pour M. Samaké, la direction de la Somadex n’a aucune considération pour les autorités maliennes.

Le SG de la CSTM, Hamadoun Amion Guindo s’en est pris au directeur national du travail qui aurait pris fait et cause pour la direction de Morila dans l’affaire de licenciement du personnel. Pour M. Guindo, cela est étonnant et va à l’encontre de la politique du gouvernement qui se bat jour et nuit pour l’insertion professionnelle des jeunes.


Amadou Sidibé

03 Avril 2009