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Depuis le 3 août, rien ne va plus entre la direction de la mine d’or de Loulo et les travailleurs. En effet, suite à la non application du procès verbal d’accord du 4 juillet dernier, les travailleurs ont décidé d’un arrêt de travail.

Mécontents de ne pas constater l’augmentation de la prime de logement sur leur bulletin de salaire du mois de juillet, les travailleurs de la mine ont purement et simplement choisi d’arrêter le travail tant que la direction de la BCM, société sous- traitante de SOMILO (société mère), ne respecte pas le procès verbal d’accord. Et cela depuis le 3 août.

Dans une plate forme revendicative, les délégués du personnel ont soumis à la direction de la BCM neuf (9) points de doléances. Mais lors d’une rencontre, sous l’égide de la direction régionale du Travail de Kayes et en présence de la SOMILO-Sa, jouant le rôle de facilitateur, sur les neuf points, quatre ont été retenus et qualifiés de légaux. Et ils ont servi de base de négociations entre les deux parties. C’est ainsi qu’un accord est intervenu entre les délégués du personnel et la direction de la BCM sur ce qui faisait l’objet de pomme de discorde : l’augmentation de la prime de logement.

Si les délégués avaient proposé une prime de 70.000 FCFA pour les mariés et 40.000 FCFA pour les célibataires, ils ont au cours des négociations revu à la baisse les montants proposés. C’est ainsi qu’ils réclament désormais 50.000 FCFA pour les mariés et 35.000 F pour les célibataires.

Et pour qu’ils jouissent de cette prime, comme conclu, la direction de la BCM est appelée à faire un effort d’une augmentation de 7 113 F pour compléter les montants à 50.000 F et 40.000 F. Mais elle n’attend pas de cette oreille. La direction campe sur la proposition qu’elle a faite à savoir : 35.000 FCFA pour les catégories E, C et D, 60.000 F CFA pour la catégorie B et 90.000 FCFA pour la catégorie A.

Or du côté des travailleurs, cette proposition ne prend pas en compte leur préoccupation. Donc, face à ce refus de respecter ses engagements, les travailleurs observent depuis le 3 août un arrêt de travail. Et la direction, pour empêcher les travailleurs de se rendre à l’usine, a fait intervenir la gendarmerie et décide de licencier les grévistes.

Pour mener à bien cette sale besogne, le directeur des ressources humaines, Laurent Gabba et le chef du personnel Hamadoun Aba Savané sont mis à contribution. Selon les travailleurs de la mine, ces deux responsables se sont spécialisés dans le licenciement abusif. Ils mettraient les gens à la porte et avec la complicité de l’inspection du travail de Kayes, ils récupèrent les frais de licenciement de ces derniers.
Aux dires des travailleurs, ils se sont fait des fortunes colossales sur le dos des pauvres travailleurs de la mine de Loulo.

Après avoir distribué des millions entre les responsables de la mine lors de la fête du 1.000.000ème tonnes, il est inadmissible que la direction soit incapable de satisfaire les doléances des travailleurs qui sont largement à leur portée. Celui qui a eu le faible montant dans cette distribution est de 200 millions F CFA.

Malheureusement, les travailleurs n’ont eu que leurs yeux pour pleurer. Les 80 millions, qui leur étaient destinés, ont disparu dans la nature.
Yoro SOW


MARC BRISTROW, DG RANDGOLD : «On m’a fait le coup d’Etat et non à ATT»

Incroyable, mais vrai. Le directeur général de RandGold Resources se serait ainsi exprimé après le coup d’Etat du 22 mars. On comprend aisément son inquiétude, car dans ce Mali post ATT rien ne se fera comme avant.

Avec le coup d’Etat du 22 mars, la prise de conscience a permis aux Maliens de comprendre que le modèle démocratique tant chanté n’était que du mirage. Et, c’est sous ce label de modèle crapuleux que le régime ATT a bradé le patrimoine national du Mali, y compris le secteur des mines dont le peule ignore carrément les retombées sur l’amélioration de ses conditions de vie.

Ainsi, ce label mafieux a permis à M. Bristrow de faire main basse sur l’exploitation de l’or de notre pays. Il n’est un secret pour personne aujourd’hui que la mine d’or de Loulo est une propriété privée de l’ancien président ATT et dont Marc Bristrow est le gérant.
Depuis qu’il a été demandé à la douane de déguerpir les lieux, aucun représentant de l’Etat n’est plus sur place.

L’inquiétude de M. Bristrow réside dans le fait qu’il est question de passer à la loupe tous les contrats miniers, tant réclamé par les Maliens qui restent toujours sur leur faim quand on leur dit que leur pays est le troisième producteur d’or africain après l’Afrique du Sud et le Ghana.
La face cachée de la mafia ATT- Marc Bristow vient d’éclater au grand jour avec l’inauguration de la mine d’or de Gounkoto. Il s’agit du transport du minerai par les camions vers l’usine de traitement de l’or de Loulo.

Pour éviter un manque à gagner à la mafia, Bristrow, au lieu d’installer l’usine sur le site de Gounkoto, a préféré le transport du minerai par les camions appartenant au couple présidentiel. Parmi ces compagnies, on pourrait citer GDCM, BECM, Toguna, SGES. Et pour noyer le poisson, elles travaillent sous la coupole de SFTP.

Yoro SOW

L’Inter de Bamako du 13 Août 2012