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En attendant la libération des régions occupées par les groupes armés, la milice d’autodéfense FLN (Forces de libération du Nord) doit d’abord gérer une crise interne qui secoue et, même décrédibilise, le mouvement.

Le torchon brûle en effet entre le président du bureau FLN de Bamako, Abdourahmane Maïga, et le « chef d’Etat-major », Amadou Mallé. Ce dernier ainsi que le président de la cellule de Mopti, Ibrahima Assoumane Sidibé, accusent Abdourahmane Maïga de semer le désordre au sein de la troupe en imposant un de ses proches du nom de Moussa Traoré. Ce dernier, selon les responsables des FLN à Mopti, fait partie des effectifs radiés des forces armées maliennes. Pendant deux semaines, nous avons tenté de joindre le président du bureau FLN de Bamako en vain. Bien avant cette crise interne, le contact entre nous était presque coupé.

Amadou Mallé se défend de l’accusation portée contre lui par Abdourahmane Maïga. Il s’agirait d’une affaire de mauvaise gestion des ressources financières pour l’entretien des 700 combattantes et combattants volontaires cantonnés à Mopti depuis des mois. « Comment voulez-vous prendre en charge plus de 700 éléments pendant des mois avec 750 000Fcfa ? Les jeunes combattants volontaires qui sont avec nous ne savent plus à quel saint se vouer. Car le nouveau chef imposé par le président, à peine débarqué, a crée des troubles et des clans dans la base. Maintenant je me rends compte que tout le monde n’a pas le même objectif qui est la libération des terres occupées », se plaint Amadou Mallé.

Le président de la cellule de Mopti, Ibrahima Assoumane Sidibé, qui jouait à l’arbitre, n’avait pas voulu s’exprimer sur ce bicéphalisme dans le bateau FLN. Mais vu l’ampleur de la crise, il a finalement accepté de parler. « Notre mouvement (FLN) est issu de Ganda-izo pour des points de vue que nous ne partagions pas. On a crée les FLN pour libérer le nord en s’éloignant du champ politique et nous mettre au service du Mali. Mais nous refusons d’être au service d’un individu et surtout d’un responsable qui est l’instigateur du désordre ».

Les deux responsables des FLN ont ajouté qu’ils ont « demandé au président Maïga de se rendre à Mopti » pour régler la régler la crise en présence de tous les protagonistes, mais ce dernier ne l’a pas fait et refuse même de décrocher le téléphone.

jeudi 16 août 2012, par Adama Diarra

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