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Chaque jour, un flot incessant d’êtres humains s’engage sur le chemin hasardeux des migrations irrégulières. Le plus souvent, ils sont forcés de le faire en raison d’événements indépendants de leur volonté : la pauvreté, la violence, la guerre, les catastrophes naturelles ou les dommages environnementaux.

La migration irrégulière est un domaine de la gestion migratoire qui préoccupe les pouvoirs publics dans le monde entier, une politique axée essentiellement sur les migrations irrégulières peut éclipser partiellement les retombées positives possibles d’une gestion correcte du phénomène, tant pour les migrants que pour les sociétés. Au nombre des ripostes légitimes des États face aux migrations irrégulières figure la mise en place d’un système d’immigration plus strict.

En effet depuis le 20 juin 2008, le Ministère des Maliens de l’extérieur et de l’intégration africaine se penche sur la “prévention de la migration irrégulière” à travers une campagne de sensibilisation sur les risques de la migration irrégulière dont la cérémonie de clôture s’est déroulée au Centre International des Conférences de Bamako le mercredi 25 mars 2009.

En cela, le ministère est épaulé par l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM). Mais la campagne entendait aussi favoriser la prise de conscience que les moyens financiers offerts aux réseaux de passeurs peuvent être utilisés différemment et devenir des investissements rentables pour les jeunes.

La clôture de cette première édition a été présidée par le Ministre des Maliens de l’extérieur et de l’intégration africaine, Badra Alou Macalou en présence du Ministre de l’emploi et de la formation professionnelle, Ibrahima N’Diaye et du chef de bureau de l’OIM au Mali, Nicola Graviano.

A en croire le chef de bureau de l’OIM au Mali, Nicola Graviano, cette campagne, réalisée dans le cadre d’un large programme de coopération interrégionale en matière de gestion des migrations financé par l’Union Européenne, a représenté une toute première initiative de l’OIM et du Gouvernement du Mali en vue de sensibiliser la population, et particulièrement les jeunes, sur les dangers de la migration irrégulière.

« Il n’est pas facile de parler de lutte contre la migration irrégulière dans un contexte de pauvreté économique et de manque de ressources. Il n’est pas évident de sensibiliser les jeunes quand un nombre considérable de familles dépend des fonds transférés des compatriotes à l’extérieur. Il n’est pas aisé de sensibiliser quand la migration, même irrégulière, parait être la seule alternative au désespoir », a déclaré M. Graviano.

Il dira par ailleurs que, il est tout à fait normal d’informer les jeunes, les parents, les communautés d’origine des réalités sur les passeurs qui exploitent les espoirs ou les souffrances d’autrui sans pour autant les mener au supposé Eldorado

Aux dires du Ministre des Maliens de l’extérieur et de l’intégration africaine, Badra Alou Macalou, le Mali a la réputation d’être un pays à grands courants migratoires surtout en direction de l’extérieur du pays. Mais depuis le début des années 2000, les nouvelles dynamiques migratoires avec les vagues déferlantes de migrants subsahariens dont des milliers de jeunes Maliens en direction de l’Europe sont inédites.

Le contexte international a-t-il dit, reste toujours marqué par la crise financière qui frappe de plein fouet les pays développés et les graves conséquences qui en découlent en termes de perte de l’emploi pour les travailleurs de ces pays, les difficultés d’accès aux services sociaux, au logement. Ceci limite leur capacité d’accueil et pose à leur niveau des problèmes de gestion des flux migratoires.

Il dira par ailleurs que, sur le plan national, l’ampleur jamais égalée des départs de jeunes Maliens vers l’Europe et ayant comme transit les pays maghrébins, trouve son origine dans la fragilisation des stratégies économiques liée au contexte international, à la pauvreté, aux aléas climatiques et dans la dégradation des ressources naturelles.

Il faut ajouter à cela la faible productivité du travail agricole et du gain monétaire qui en résulte, le peu d’opportunités offertes pour une insertion professionnelle durable, a martelé le ministre Macalou.

Il est à noter que la soirée s’est achevée avec une pièce de théâtre du groupe Niogolon.


Gnimadi Destin

27 Mars 2009