Partager

« Faisons de la migration une opportunité pour tous et non une menace pour chacun ». Ce vœu commun (affiché sur une banderole) du ministère des Maliens de l’extérieur et de l’intégration africaine et de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) était le principal message de la cérémonie de clôture de la 1ère édition de la Campagne d’information et de sensibilisation sur les risques de la migration irrégulière au Mali, intervenue mercredi soir au CICB.

C’était sous la présidence du ministre de tutelle Badra Alou Macalou, en présence de son collègue de l’emploi et de la formation professionnelle, Ibrahima N’Diaye et du représentant de l’OIM, Nicola Graviano.

Initiative du ministère des Maliens de l’extérieur et de l’intégration africaine et de l’OIM, cette campagne avait été lancée le 20 juin 2008 en vue de sensibiliser les jeunes maliens sur les dangers liés à la migration irrégulière. Ainsi, neuf (9) mois durant, des équipes de spécialistes en la matière, les autorités administratives et politiques, la jeunesse, les partenaires sociaux et des caravanes d’artistes, de religieux etc. ont sillonné l’ensemble du territoire national pour faire passer le message auprès des candidats à l’immigration.

Tous les canaux de communication ont été utilisés, l’objectif étant de parvenir au même but : informer, sensibiliser et convaincre ( ?) les jeunes du Mali sur les risques qu’ils courent en empruntant le chemin de la clandestinité.


Les interventions qui ont émaillé la clôture de la campagne montrent que celle-ci en valait la peine d’être menée et surtout qu’elle fut une grande réussite.

Pour le représentant de l’OIM, il n’est pas facile de parler de lutte contre la migration irrégulière dans un contexte de pauvreté économique et de manque de ressources ; il n’est pas non plus évident de sensibiliser les jeunes quand un nombre considérable de familles dépend des fonds transférés des compatriotes à l’extérieur, ni aisé de sensibiliser quand la migration, même si irrégulière, parait être la seule alternative au désespoir.

Mais Nicola Graviano reconnaît aussi qu’on ne peut rester insensible face aux effets ravageurs et aux conséquences dramatiques que la migration irrégulière entraîne. D’où la nécessité selon lui d’informer les jeunes, les parents, les communautés d’origine des réalités sur les passeurs qui exploitent les espoirs ou les souffrances d’autrui sans pour autant les mener au supposé Eldorado.

Pour le ministre des Maliens de l’extérieur et de l’intégration africaine, au plan national, l’ampleur jamais égalée des départs de jeunes Maliens vers l’Europe et ayant comme transit les pays maghrébins, trouve son origine dans la fragilisation des stratégies économiques liée au contexte international, à la pauvreté, aux aléas climatiques et dans la dégradation des ressources naturelles. Il faut ajouter à cela la faible productivité du travail agricole et du gain monétaire qui en résulte, le peu d’opportunités offertes pour une insertion professionnelle durable.

« Plutôt que des barricades, des passerelles bien pensées entre les pays du Nord et ceux du Sud pourraient contribuer à une gestion sereine des flux migratoires dans l’intérêt des parties », a ajouté Badra Alou Macalou. Selon qui, la création du Centre d’information et de gestion des migrations (CIGEM) dont l’un des objectifs principaux est la promotion de la migration légale procède, de cela.

Au cours de la cérémonie de clôture, émaillée de sketches et d’animation musicale, un hommage singulier a été rendu à en la mémoire de Kaba Sangaré, conseiller technique chargé des questions migratoires au ministère des Maliens de l’extérieur et de l’intégration africaine, décédé le 02 août 2009 à l’hôpital de Mopti à la suite d’un tragique accident sur la route de Gao pendant qu’il conduisait en tant que chef de mission l’équipe de la campagne.

Sékou Tamboura

03 Avril 2009