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Le mercredi 25 Mars 2009, le Centre International de Conférence de Bamako (CICB) abritait la cérémonie de clôture de la campagne nationale d’information et de sensibilisation sur les risques de la migration irrégulière, lancée le 20 Juin 2008.

A cette rencontre co-présidée par le ministre des Maliens de l’Extérieur et de l’Intégration Africaine, le Dr Badara Alou Macalou, et son homologue de l’Emploi et de la Formation Professionnelle, M. Ibrahima N’Diaye, on notait la présence du représentant de l’OIM, M. Nicolas, et des associations oeuvrant dans la lutte contre la migration irrégulière.

La migration irrégulière pourrait être définie comme une migration (déplacement) non conforme aux normes et procédures établies par les Etats pour gérer les flux migratoires, de manière ordonnée, qu’il s’agisse d’immigration, de transit ou d’émigration.


Un constat amer

En effet, il ne se passe pas de jour sans que les médias (télé, radios, journaux…) ne parlent de jeunes Africains en général et Maliens en particulier morts de soif ou de faim dans le désert du Sahara, morts par noyade dans les océans et les mers qu’ils ont bravés à bord de fragiles embarcations convoyées par des passeurs véreux ou tout simplement, abattus.

Les évènements dramatiques de Ceuta et Melilla, en Septembre 2005, où des dizaines de candidats à l’immigration clandestine ont été abattus alors qu’ils tentaient d’escalader les rideaux de fil de fer barbelés, sont assez illustratifs de ces tragédies.

En fauchant de nombreux jeunes Africains à la fleur de l’âge (la force vive des nations africaines) la migration clandestine a endeuillé beaucoup de familles des pays d’origine et interpellé leurs dirigeants. Elle a provoqué et provoque encore une peur panique dans les rangs des populations des pays de transit et de destination cibles, où elle a été souvent qualifiée “d’invasions barbares” par les médias, avec tout ce que cela comporte comme perturbation des ordres établis dans ces pays, aux plans économique, social et culturel.

Des causes de la migration clandestine

Aux dires du ministre des Maliens de l’Extérieur et de l’Intrégation Africaine, le Dr Badra Alou Macalou, le Mali a la réputation d’être un pays à grand courant migratoire, surtout à l’extérieur du pays. Mais depuis le début des années 2000 les nouvelles dynamiques migratoires avec les vagues de migrants subsahariens dont des milliers de jeunes migrants maliens, ont pris de l’ampleur, a-t-il fait savoir.

Selon lui, ce phénomène s’explique par la pauvreté, la faiblesse économique, les conditions climatiques qui entraîne la baisse des productivités agricoles.

Quant au représentant de l’OIM, il a indiqué qu’il n’est pas facile de parler de lutte contre la migration irrégulière dans un contexte de pauvreté économique et de manque de ressources. “Il n’est pas évident de sensibiliser les jeunes quand un nombre considérable de familles dépend de l’argent transféré par les compatriotes de l’extérieur”, a-t-il ajouté, avant de s’interroger : comment oublier que les nombreux candidats à l’immigration voient leur vie brisée lors de la traversée de la mer et du désert?

C’est pour pallier tous ces dangers que le ministère des Maliens de l’Extérieur et de l’Intégration Africaine a organisé, pour la première fois, une campagne nationale afin de sensibiliser et d’informer les migrants potentiels et toute la population malienne sur les risques de la migration irrégulière dont nul n’ignore les risques encourus. Aussi, le ministre a fait savoir que son département s’engage à pérenniser cette campagne en l’organisant chaque année.


Moussa TOURE

31 Mars 2009