Partager

« On ne peut pas retenir des hommes et des femmes dans leur terroir quand ils n’ont rien à manger. Ils partiront ». Cette déclaration a été faite par Dr Abdrahamane Sylla, ministre des maliens de l’extérieur et de l’intégration africaine, au Centre Amadou Hampate Ba, à l’ouverture de l’édition 2013 de « Migrances ».

Placée cette année sous le thème « Réconciliation, reconstruction et sécurité humaine au Mali : Dialogue entre migrants, société civile et décideurs », l’édition 2013 de « Migrances » qui prend fin le 18 décembre, a commencé le 16 décembre 2013. Selon Aminata Dramane Traoré, du Forum pour un autre Mali (FORAM), la présente édition de « Migrances » veut contribuer à inscrire la question migratoire au cœur du débat sur la réconciliation, la reconstruction et la sécurité humaine. En plus d’explorer des alternatives aux départs forcés, elle a estimé que l’occasion sera mise à profit pour établir le dialogue entre migrants, société civile et décideurs autour de la politique migratoire à promouvoir.

« Nous devons nous impliquer pour la multiplication de ce genre de débat », a indiqué Dr Abdrahamane Sylla, ministre des maliens de l’extérieur et de l’intégration africaine. En phase, avec la plupart des participants à l’édition 2013 de « Migrances », le ministre a indiqué qu’on ne peut pas retenir des hommes et des femmes dans leur terroir quand ils n’ont rien à manger. « Ils partiront », a-t-il déclaré. Avant d’ajouter que pour les jeunes, c’est une question de dignité humaine. « Les jeunes en âge de travailler partiront quand ils n’ont pas de travail », a-t-il indiqué. Pour conclure, il a salué l’initiative du Foram et de ses partenaires, et a souhaité avoir les conclusions de la rencontre qui pourront aider son département qui est chargé de la gestion de plus de 4 millions de maliens vivants à l’extérieur.

Pour répondre à la question « pourquoi partent-ils ? », Aminata Dramane Traoré a proposé une grille de lecture en 10 étapes, intitulée « le cycle de la violence ». Selon elle, l’Afrique et une bonne partie du monde, ont « des économies extraverties et dépendantes ». Elle dira que cela entraine « une agression des sociétés paysannes et des écosystèmes ». Mais, le pire dira-t-elle, nos pays sont plongés dans un « commerce déloyale », qui entraine un « déséquilibre de la balance de payement ». La conséquence selon Aminata Dramane Traoré est que nos pays sont rapidement mis sous tutelle avec des « dettes extérieures » exorbitantes. Dans, un tel contexte, dira-t-elle, il nous a été imposé « l’ajustement structurel et les privatisations », qui ont provoqué le « chômage et la paupérisation », source « d’insécurité alimentaire, sociale, humaine et émotionnelle ». Pour l’ancienne ministre de la culture du Mali, cela a provoqué les « conflits armés, les violences contre les femmes et les enfants et les émigrations ». Avec ce constat, Aminata Dramane Traoré, a son idée sur la solution. Elle propose « la centralité de la culture ».

Assane Koné

Le Républicain du 19 Décembre 2013