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Dans le cadre de la célébration du Mois de la solidarité et de la lutte contre l’exclusion, le Mois d’Octobre, le Centre national d’appui à la lutte contre la maladie (CNAM) et le centre d’assistance aux invalides de la lèpre de Samanko, ont organisé mardi une journée portes ouvertes à l’intention des journalistes et du grand public.

Objectif : Expliquer aux visiteurs les réalités quotidiennes de ces deux structures qui assurent la prise en charge médicale et sociale de la lèpre.

Le président de la République déposant une gerbe de fleurs au pied du monument dédié à Raoul Follereau lors de l'édition 2006 de la journée mondiale des lépreux

Le président de la République déposant une gerbe de fleurs au pied du monument dédié à Raoul Follereau lors de l’édition 2006 de la journée mondiale des lépreux

La lèpre (ou maladie de Hansen) est une maladie infectieuse chronique due à Mycobacterium leprae (une bactérie proche de l’agent responsable de la tuberculose identifiée par le Norvégien Gerhard Armauer Hansen en 1873) touchant les nerfs périphériques, la peau et les muqueuses, et provoquant des infirmités sévères. Elle est endémique dans certains pays tropicaux (en particulier d’Asie).

La première mention écrite connue de cette maladie remonte à 600 avant J-C.

Déjà présente dans les civilisations antiques en Chine, en Egypte et en Inde, elle a toujours été un fléau marqué par la stigmatisation et l’exclusion, les malades étant souvent rejetés par leur communauté et leur famille.

La lèpre fut longtemps incurable et très mutilante, entraînant en 1909, à la demande de la Société de pathologie exotique, « l’exclusion systématique des lépreux » et leur regroupement dans des léproseries comme mesure essentielle de prophylaxie.

Aujourd’hui traitable par les antibiotiques, des efforts de santé publique sont faits pour le traitement des malades, l’équipement en prothèse des sujets guéris, et la prévention.

Malgré d’intenses efforts au niveau mondial, 296 499 nouveaux cas ont été recensés en 2005.

Au Mali, la lutte contre la lèpre fait partie des premières priorités sanitaires des autorités.

Un programme existe depuis les années 80. Grâce à la politique sectorielle qui a été conduite et avec l’appui des partenaires, notre pays qui connaissait plus de 100.000 cas au début des années 80 en était en 2006, à moins de 500 cas déclarés. Ce qui place le Mali largement sous le seuil d’élimination fixé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Selon, le Pr Abdel Kader Traoré, directeur général du CNAM, le centre a été créé sur les cendres de l’Institut Marchoux qui relevait de l’OCCGE.

C’est ainsi que sur la base des bons résultats engrangés dans la lutte contre la lèpre, l’État a décidé de capitaliser les acquis de la défunte structure et d’élargir la prise en charge à d’autres maladies, a précisé Mr Traoré.

Le CNAM est un centre de recherches qui possède un laboratoire de pointe : le centre de développement des vaccins (CVD-Mali).

Le CNAM comprend également une unité biologie en charge de la formation, de la recherche et de l’appui technique.

Cette unité assure les analyses biologiques des protocoles de recherche et de soins hospitaliers.

Dans ce laboratoire, les analyses sont gratuites pour les malades de la lèpre.

A Samanko, se trouve le centre pour invalides de la lèpre. Créé dans les années 1980, le centre pour invalides de la lèpre reçoit une subvention annuelle de 6 millions de l’Association devenue aujourd’hui Fondation française Raoul Follereau.

Actuellement, il accueille 6 malades entièrement pris en charge. En janvier prochain, ils seront 10, a indiqué le président de l’Union malienne Raoul Follereau, Goulou Moussa Traoré.

Samanko abrite également un centre post-cure destiné aussi à accueillir les malades blanchis de la lèpre et à faciliter leur réinsertion socioprofessionnelle.

Les blanchis de la lèpre recevaient, dans certaines situations, des bœufs, une charrue et un fonds de 200 000 Fcfa.

De nos jours, les responsables de l’Union malienne Raoul Follereau sont confrontés à un autre casse-tête : d’anciens malades blanchis qui avaient regagné leurs villages respectifs sont revenus créer le village de Samanko 2.

Ces derniers comptent également sur le soutien de l’Union malienne Raoul Follereau (UMRF) qui n’a pas les moyens de faire face à toutes les attentes.

C’est ainsi que pour surmonter ces difficultés, l’UMRF initie des projets au nom des malades et les soumet aux bailleurs de fonds.

Précision a été faite par Goulou Moussa Traoré a expliqué, que deux projets ont été déjà financés pour les malades.

En outre, la Fondation Raoul Follereau a accordé un fonds de 7 millions de Fcfa à l’UMRF.
Les crédits alloués au malades pour financer des micro projets sont prélevés sur ces fonds.

Le taux de recouvrement de ces prêts est actuellement d’environ 90%.


18 octobre 2007.