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La cérémonie d’ouverture des travaux de cette rencontre internationale a regroupé les participants venus des huit pays de la zone UEMOA et de la Mauritanie. Elle était présidée par le ministre de l’Economie et des Finances avec, à ses côtés, son homologue de l’Emploi et de la Formation professionnelle et le représentant résident du FMI au Mali.

L’organisation d’une telle rencontre résulte de la volonté d’AFRITAC, inaugurée en mai 2003, de poursuivre sa mission d’assistance technique aux huit pays de l’UEMOA, à la Mauritanie et à la Guinée Conakry (dont les délégués n’ont pu prendre part à la présente rencontre) pour contribuer au renforcement des capacités des acteurs économiques.
En effet, les institutions de microfinance ont connu une évolution remarquable au cours des quinze dernières années.Selon le directeur de la formation de la BECEAO, Mahamadou Gado, depuis l’adoption de la réglementation spécifique au secteur et de la mise en œuvre des mesures d’accompagnement, l’offre des services financiers de proximité s’est accrue. Ainsi, entre 1993 et 2006, le nombre de systèmes financiers décentralisés (SFD) recensés dans l’espace UEMOA a-t-il été multiplié par sept pour se situer à 703. Ces institutions de microfinance offrent leurs services, à travers plus de 4 000 point, à plus de six millions de bénéficiaires représentant près de 15 % de la population active de l’Union.

Autre donnée importante, la contribution des SFD au financement des économies de ces pays augmente de manière continue depuis 1993. De moins 1 % à cette date, l’encours des crédits octroyés par ces institutions représentait, en fin décembre 2006, 8,6 % de celui des banques. Malgré ces évolutions, M. Gado, a affirmé que « la consolidation et la stabilité du secteur de la micro finance apparaissent de plus en plus comme un impératif majeur pour les autorités de contrôle« . C’est pourquoi la BECEAO ambitionne de « renforcer la surveillance des institutions et permettre leur intégration harmonieuse dans l’ensemble du secteur financier » à travers le Programme régional d’appui à la finance décentralisée (FRAFIDE).

Le présent séminaire vise le même objectif en contribuant au renforcement des capacités d’intervention de ces services. En permettant à leurs gestionnaires et agents de se familiariser avec les principes et les meilleures pratiques dans la région et dans le monde en matière de législation et de réglementation des institutions de microfinance.

Les participants examineront, entre autres, la vision des autorités responsables de la surveillance du secteur financier, la distinction entre les normes prudentielles et non prudentielles, les présentations et discussions sur les expériences concrètes dans les pays membres de l’UEMOA.

Ils vont également s’interroger sur la question de savoir s’il convient d’adopter une même loi régissant l’ensemble des activités financières ou disposer d’une loi distincte pour le secteur de la microfinance.

Pour le ministre de l’Economie et des Finances, Abou- Bakar Traoré, c’est un devoir moral pour les autorités de veiller « à ce que les économies des ménages modestes confiées à ces institutions soient bien gérées » par la mise en place « d’un cadre légal et réglementaire approprié et évolutif« .

Car, poursuit-il, depuis que la surveillance de ce secteur a commencé, il a été confronté à « des situations d’implantation de structures par des personnes parfois animées de bonne volonté mais qui ne disposaient pas des qualités requises » ou, pire, « par des gens uniquement intéressés à spolier les clients de leurs économies ». Face à ces constats, le ministre de l’Economie et des Finances a ajouté que « les mesures prises pour faire face à ces pratiques néfastes doivent, pour maximiser leur efficacité, s’inscrire dans un cadre global de surveillance« .

Youssouf CAMARA

21 fev 07