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Microcred, filiale du groupe Planète Finances de Jacques Attali, connaît des démêlés judicaires suite à un conflit qui l’oppose à la société PROVEQTÜS, spécialisée dans le recrutement et placement de travailleurs. Après une enquête préliminaire menée par la gendarmerie nationale sur requête de Mme le procureur du tribunal de la Commune IV du district au cours de laquelle le Dg de Microcred M. Michel Iams a subi un interrogatoire très mouvementé.

Panique à Microcred où décidément rien ne va plus. Ne sachant plus à quel saint se vouer, le DG Michel Iams aurait sommé ses pauvres petits salariés de dénicher toutes sortes d’irrégularités sur PROVEQTÜS afin de discréditer cette structure et de faire taire l’affaire. Notre source explique que des éléments de langage auraient même été donnés aux salariés pour transformer la vérité auprès des clients et épargnants de Microcred.

En effet, le procureur de la République de la Commune IV a décidé du bien fondé des plaintes de PROVEQTÜS et de poursuivre le DG de Microcred Michel IAMS devant le tribunal correctionnel. Nous avons cherché à comprendre le fond de cette histoire …

Les faits sont têtus

Tout a commencé en 2011 quand Microcred a approché PROVEQTÜS pour des prestations de recrutement dans la perspective de sa future implantation au Mali. Trouvant les tarifs de PROVEQTÜS trop élevés malgré la qualité des prestations, Microcred demande à PROVEQTÜS une forte réduction de ses prix en échange d’un accord d’exclusivité sur toute sorte de prestation de recrutement que Microcred fera au Mali, et ce, pour une durée de 24 mois tacitement reconductible. En cas de non respect de la durée, Microcred s’engageait à payer toutes les factures normales de PROVEQTÜS jusqu’à la fin initialement prévue des contrats. PROVEQTÜS accepte. Les contrats sont signés et génèrent des factures normales mensuelles de 10 millions FCFA pour PROVEQTÜS au compte des salariés que PROVEQTÜS envoie en mission chez Microcred. Une première avance de 5 millions FCFA est payée à PROVEQTÜS à la signature. À la crise de 2012, comme beaucoup de sociétés de la place, PROVEQTÜS rencontre d’énormes difficultés de trésorerie. Les salaires de ses employés connaissent plusieurs mois de retard de paiements. Pour les salariés de PROVEQTÜS, en mission chez Microcred, la structure accepte de payer une deuxième avance de 5 millions FCFA.

Ainsi, les contrats étant toujours en cours, Microcred devait retenir sur les factures (10 millions FCFA par mois) de PROVEQTÜS les avances déjà payées. Notre source est formelle, profitant de la confusion de la crise malienne, Microcred décide de prendre les salariés de PROVEQTÜS qui sont en mission chez elle, pour les confier à une autre société moins chère que PROVEQTÜS. Ce, en violation des contrats établis. Lorsque PROVEQTÜS demanda des explications à Microcred, celle-ci avoua qu’il ne s’agit là que d’une situation temporaire, le temps que la crise malienne passe, mais que les choses allaient reprendre normalement après la crise. Contre toute attente, en avril 2013, Microcred prépare un protocole d’accord antidaté pour tenter de valider sa rupture illégale antérieure. PROVEQTÜS s’en offusque mais la société continue à faire des promesses. Pour éviter tout contentieux, PROVEQTÜS accepte encore une fois d’y croire. Mais sans se douter de ce qui se préparait. À la fin de la crise et à la reprise des activités, Microcred lance plusieurs dizaines de recrutements sans recourir à PROVEQTÜS.

Pire, elle réclame à PROVEQTÜS ses deux avances de 5 millions FCFA (soit 10 millions FCFA). Naturellement, PROVEQTÜS proteste en évoquant les contrats. Et là Microcred évoque l’accord antidaté pensant que PROVEQTÜS ne pouvait pas démontrer qu’il y a du faux en la matière. Puis, lorsque M. IAMS, DG de Microcred se rend compte des preuves détenues par PROVEQTÜS, il se lance dans des menaces et chantages contre le DG de PROVEQTÜS, le traitant de tout, une façon de l’intimider et de le dissuader à recourir à la justice. Mais rien n’y fera : l’affaire est entre les mains de la justice notamment auprès du Tribunal de commerce de Bamako et du tribunal correctionnel de la Commune IV.

Mahamane CISSE

Nouvelle Libération du 29 Janvier 2014