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Les menaces du Président français Nicolas Sarkozy, de faire payer à Al Qaïda l’exécution de l’otage français Michel Germaneau, n’ont pas eu raison de la terreur semée par le message de l’organisation terroriste qui a promis l’enfer pour la France. C’est pourquoi le Quai d’Orsay veut urgemment examiner avec les autorités de Noukchott, Bamako et Niamey et les ambassadeurs de France les mesures de sécurité à prendre pour les ressortissants français. Au moment où nous mettions sous presse, le ministre des Affaires étrangères français, Bernard Kouchner, était attendu à Bamako, en provenance de Nouakchott. De Bamako, le patron du Quai d’Orsay devra se rendre à Niamey.

C’est enfin ce lundi matin que le Président français Nicolas Sarkozy a confirmé la mort de l’otage français détenu au Sahara, exécuté par l’organisation Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI). « Aujourd’hui, comme cela avait été annoncé par l’ultimatum du 12 juillet, il est mort », a dit Sarkozy lors d’une déclaration solennelle au palais de l’Elysée. « La mort de Michel Germaneau ne restera pas impunie », a menacé lundi Nicolas Sarkozy qui a convoqué un conseil de sécurité et de défense sur ce dossier.

Âgé de 78 ans et membre d’une organisation humanitaire, Michel Germaneau a été enlevé le 20 avril dans le nord du Niger. Le chef de l’Etat français a dénoncé un “acte barbare” et “odieux” commis par un “groupe de terroristes” contre une victime innocente.

« Plus que jamais, nous sommes décidés à lutter contre le terrorisme sous toutes ses formes et à soutenir les pays qui ont le courage de combattre ce terrorisme barbare », a dit le président français. Nicolas Sarkozy a annoncé une visite de son ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, ce lundi soir à Bamako, à Niamey, à Nouakchott, « afin d’examiner avec les autorités locales et nos ambassadeurs les mesures de sécurité à prendre pour nos ressortissants ».

Sarkozy a demandé à ses compatriotes de renoncer absolument à voyager dans la zone sahélienne. Il a également demandé au Premier ministre, François Fillon, de recevoir ce lundi les présidents des commissions des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale et du Sénat français.

Dans un enregistrement diffusé dimanche par la chaîne de télévision arabe Al Djazira, AQMI a annoncé avoir tué Michel Germaneau en représailles à une opération militaire mauritanienne menée contre ses membres avec l’appui de l’armée française. Au moins six combattants islamistes ont été tués lors de ce raid contre une base d’AQMI, jeudi dernier, dans le Sahara malien. « Sarkozy a été incapable de libérer son compatriote au cours de son opération manquée mais il a sans aucun doute ouvert l’une des portes de l’Enfer pour lui, son peuple et sa nation”, menace un responsable d’AQMI, Abdoul Wahoud, dans cet enregistrement. Le groupe qui détenait le Français avait déjà assassiné l’an dernier un otage britannique Edwin Dyer, enlevé dans les mêmes conditions.

Selon Sarkozy, l’opération de jeudi, s’inscrivait dans le cadre de la coopération entre la France et les pays du Sahel menacés par Al Qaïda. Il a repris la version selon laquelle les forces françaises avaient apporté un “soutien” à la Mauritanie lors d’une action préventive contre un “groupe terroriste”, tout en admettant que le camp détruit lors de ce raid était susceptible d’être le lieu de détention de l’otage.

La mort de Michel Germaneau renforce la détermination de la France à lutter contre le terrorisme, a ajouté Nicolas Sarkozy, pour qui la mort de l’otage démontre que les dirigeants et les membres d’AQMI n’ont aucun respect pour la vie humaine.

« Ils ont assassiné de sang-froid une personne de 78 ans, malade, à qui ils avaient refusé de faire parvenir les médicaments dont elle avait besoin », a rappelé le chef de l’État qui s’est incliné devant la mémoire de Michel Germaneau. « C’était un homme de bien », a-t-il souligné. Selon l’AFP, « un élu et un notable du nord du Mali ont confirmé dans la nuit de dimanche à lundi que l’otage français Michel Germaneau avait bien été exécuté comme l’a affirmé Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), l’élu déclarant qu’il a été “décapité ».

Après l’échec du raid franco-mauritanien de jeudi, Aqmi a exécuté l’otage français, a déclaré, sous couvert de l’anonymat, un élu de la région malienne de Kidal (nord-est) où était censé être détenu Michel Germaneau, rapporte le journaliste. Selon l’élu, le Français a été décapité sous les yeux du chef de l’unité radicale d’Aqmi Abdelhamid Abou Zeid, qui le détenait ; le même qui a exécuté, en juin dernier, un otage britannique, Edwin Dyer, après six mois de détention.

B. Daou

27 Juillet 2010.