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Les méthodes contraceptives sont avantageuses pour le bien-être de la femme, de l’enfant, du couple et la famille. Cependant, bien de rumeurs constituent des freins et des obstacles. Des rumeurs, sans fondements, mais, ancrées.

 « Les méthodes contraceptives modernes sont très dangereuses pour les femmes. Elles provoquent chez elles beaucoup d’anomalies. Avec ma femme, il nous a fallu suivre un long traitement afin qu’elle puisse tomber enceinte. Elle avait utilisé une méthode hormonale dès lors elle ne voyait plus ses règles. Son ventre avait grossi et lorsque nous avons voulu un enfant c’était difficile alors qu’elle avait cessé son planning depuis deux ans. C’est pourquoi, je préfère désormais le coït interrompu ou l’abstinence. Je me méfie de tous ces produits médicaux », témoigne Boubacar Sylla, enseignant marié et père de 3 enfants.

M. Sylla n’est pas un cas isolé. Ils sont nombreux à croire que l’utilisation des contraceptives médicalisées peut être dangereuses pour la santé de la femme.

Selon le directeur de l’Association malienne pour la protection et la promotion de la famille (AMPPF), Edouard Kéïta, c’est justement dans ce sens que les experts en la matière travaillent pour dissiper ces rumeurs sur la contraception. Le directeur de l’AMPPF est rejoint par l’experte en santé de la reproduction, Mme Sané N’Diaye. Pour elle, les produits contraceptifs ne sont pas dangereux pour la santé. Mais comme tout autre médicament, il existe des effets secondaires et ceci en fonction de chaque organisme. « L’un des grands obstacles à la PF, reste la gestion des rumeurs et des effets secondaires et ceci peut s’expliquer par la fourniture du service par un personnel non qualifié n’ayant pas les compétences dans la technologie contraceptive », explique-t-elle. Et d’ajouter : « On peut être gynécologue ou sage-femme et ne pas maîtriser à 100% l’administration de certaines méthodes de planification familiale ».

Une assertion qui vaut son pesant d’or avec les expériences malheureuses dont témoignent certaines femmes. « Je connais les bienfaits du planning familial pour l’avoir pratiqué, pour espacer mes grossesses. Seulement je viens de vivre une très mauvaise expérience avec le stérilet qu’on m’avait placé et qui a fini par perforer mon utérus. Celui qui me l’avait posé, n’était pas qualifié et je me retrouve à devoir faire une chirurgie pour le retirer », une plainte émise par Ramata Samaké une jeune dame mère de famille.

Pour sa part, Amy Diarra, déclare qu’après s’être fait poser un implant, elle a exagérément pris du poids et ne voyait plus ses menstrues. Face à ces réactions, par méconnaissance ou sous l’influence des infodémies, certaines personnes pensent que les produits contraceptifs sont dangereux pour la santé. Chose que démentent les experts du domaine d’où l’importance du counseling.

Selon Mme Kéita, Mama Sy, sage-femme, responsable clinique à l’AMPPF, « c’est lors des séances de counseling que les utilisatrices sont informées sur les avantages socioéconomiques et sanitaires de l’espacement des naissances et d’autres avantages de la contraception ». Mme Kéïta explique également que ces séances de causerie avec les femmes consistent à les orienter vers leur choix en adéquation avec leur morphologie, à leur expliquer les produits, les effets secondaires…

Selon une enquête de l’UNFPA en 2018, le taux de prévalence contraceptive (TPC) au Mali est de 16%, une prévalence assez faible. Alors que la politique d’orientation de santé s’est donnée comme objectif d’améliorer la prévalence contraceptive de 6,9% à 20%. En plus, le Mali a développé un Plan d’Action de repositionnement de la planification familiale. Les droits des couples et de chaque personne en matière de santé de la reproduction sont contenus dans la loi 02 -044 relative à la santé de la reproduction, promulguée le 24 juin 2002.

Khadydiatou SANOGO

Source: maliweb.net 

Ce reportage est publié avec le soutien de JDH et FIT en partenariat avec WILDAF-Mali et la Coalition des OSC/PF