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Le comité syndical de la société Métal-Soudan-Bâtiment a déclenché hier une grève de 48 heures qui a paralysé l’entreprise. A notre passage, les travailleurs étaient regroupés dans la cour qui fait face à l’entreprise située à côté du ministère de l’Habitat et de l’Urbanisme. Les membres de la direction générale semblaient jouer la politique de la fuite en avant.

Rien ne va plus entre la direction de Métal-Soudan-Bâtiment et les travailleurs au sein du syndicat. Le couac provient du fait que la direction s’oppose à l’application des accords intervenus entre elle et le syndicat des travailleurs.

LES REVENDICATIONS DES TRAVAILLEURS

Les travailleurs revendiquent l’augmentation de 7% des salaires de base, le reclassement et l’avancement des travailleurs, les primes de déplacement, les matériels de protection (gants, masques, bottes…) des primes de lait. Rappelons que les ouvriers devant bénéficier d’un litre de lait par jour concernent ceux qui font la soudure intérieure des cuves, la soudure au poste semi-automatique, soudure ou découpage au chalumeau, peinture à l’intérieur des cuves, travail à la forge.

Aussi, ceux qui font la soudure extérieure des cuves, des grandes charpentes, de la soudure ou mélangent des éléments galvanisés ou déjà peint, font la découpe à la tronçonneuse des éléments galvanisés ou déjà peints, la peinture à l’extérieur, doivent bénéficier d’un demi-litre de lait par jour.

LES TRAVAILLEURS IMPATIENTS

La direction a signé un accord avec le Comité syndical prenant en compte ces différents points de revendication depuis le deuxième trimestre de l’année en cours et l’application devait débuter avant ce mois de décembre.

C’est ainsi que les travailleurs étaient montés hier au créneau pour dénoncer le comportement négligent de la direction. Signalons que certains employés, la plupart des ouvriers qualifiés, ne gagnent pas plus de 40.000 FCFA après plus de 10 ans de service.

Un vieux nous a montré ses papiers et le constat est amer. En effet, ce dernier travaille depuis 1979 à Métal-Soudan, mais ne gagne pas 60.000 FCFA. Certains perçoivent 27.690 F, soit moins que le SMIG car, ce salaire comprend une indemnité de 6.500 F.

Les travailleurs affirment : “Ici, à Métal-Soudan, nous sommes encore dans l’époque coloniale, tous les engagements pris par la direction ne sont que de la poudre aux yeux. On nous traite comme des esclaves au mépris des textes sur les rapports employé-employeur”.

Cependant, le Président-Directeur-Général, M. Gery Samaan, dans sa lettre du 8 décembre 2006 affirme “Nous vous réitérons pour notre part que nous sommes toujours disposés à régler tous problèmes par la voie de la négociation et non par la voie de l’affrontement”.

A notre passage hier, le PDG s’était rendu la veille en France. C’est M. Ouattara que nous avons trouvé sur place. Il ne nous a pas reçu, arguant qu’il était occupé.

Toutefois, après les 48 heures de grève, d’autres manifestations sont prévues par les travailleurs dans le respect de la loi. Ils sont décidés à informer l’opinion nationale et internationale de la situation dans laquelle ils vivent.

S.B

12 décembre 2006.