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S’il a besoin d’un petit cours de rafraichissement à l’Institut Français, l’anglo-saxon Cheikh Modibo Diarra a été limpide, charmant et rassurant dans son adresse en bamanan. Tant mieux : c’est la langue la plus parlée du pays. Le message du Premier ministre a été bien reçu.

Et Dieu l’entende pour son espoir en un Mali revenu à sa grandeur, sa paix et sa convivialité d’antan. Surtout puisse l’enthousiasme du chef de gouvernement être contagieux pour ses compatriotes. Lesquels se demandent quelle malédiction soudaine a frappé, en l’espace de trois mois. Car c’est bien la totale pour le pays de Soundiata, Amadou Sekou, Askia Mohamed, Tieba et Firhoun.

Il est cannibalisé au deux-tiers par jihadistes, séparatistes et caïds de tout acabit. Il oscille sous un triumvirat aux violons à encore accorder. Il est ensuite en proie à des règlements de compte gros de tous les risques, entre militaires, entre élèves, entre leaders politiques et entre animateurs de la société civile. L’exhortation du Premier ministre est donc du baume sur des cœurs meurtris. Mais les mots ont leur poids et on ne peut pas faire au scientifique réputé qu’est le Premier ministre de ne pas les avoir mesurés. Il dénonce clairement une tentative de déstabilisation qui s’appuie sur des mercenaires étrangers.

Le cas échéant, la perversion serait inquiétante et nous serions tombés bien bas en tombant dans ce piège qui a fait les tragédies de bien des nations voisines. De même, n’est-il pas acceptable que les scolaires soient les boucliers de projets inavoués. Cependant, c’est à sa neutralité et à sa tolérance zéro de l’impunité quel que soit le fauteur, que Cheick Modibo Diarra convaincra et nous rassemblera. Allez-y, Pm ! Faites en sorte que les Maliens se parlent plus et se comprennent mieux! Faites en sorte qu’ils aient plus de foi en leurs dirigeants! Faites en sorte qu’ils sortent de la spirale de la violence enclenchée. Et vous verrez, nous vous le revaudrons.

Adam Thiam

Le Républicain du 3 mai 2012