Partager

Décidément, le peuple malien n’en finit pas d’avaler des couleuvres. Alors que huit de nos compatriotes ont trouvé la mort au nord, alors que trente-trois autres sont faits prisonniers par Bahanga et compagnie, les autorités refusent de communiquer. Seuls les rebelles, qui ont annoncé la reprise des hostilités, passent en continu sur RFI. Quel mépris du peuple, privé de son droit fondamental à l’information alors que son intégrité et sa sécurité sont en danger !

Le mépris du peuple, c’est le refus de tout débat sur les préoccupations de l’heure sur les médias publics. Le mépris du peuple, c’est aussi l’annonce d’un débat national sur l’école dans cinq mois, c’est-à-dire pendant les grandes vacances alors que l’urgence commande de prendre le taureau par les cornes. Le mépris du peuple, c’est de créer un Bureau du Vérificateur général, entretenu à coup de milliards, mais finalement réduit à sa plus simple expression. Que dire de tous ces Maliens qui ont sucé le sang du peuple et qui, paradoxalement, bénéficient de l’impunité ? Qui les protège ? Et pourquoi ? Sacrés oligarques !

Le mépris du peuple, c’est de continuer d’investir des milliards dans des programmes comme les pluies provoquées, les superficies aménagées et la mécanisation de l’agriculture à travers des tracteurs alors que les résultats ne suivent pas. Le mépris du peuple se traduit également par la promesse non tenue de création d’emplois. Les jeunes diplômés sont aujourd’hui plus que jamais confrontés à la rareté d’un travail décent.

Le mépris du peuple, c’est de lui demander de prendre ses vessies pour des lanternes car après une fameuse intervention, il ne passe plus de jour sans que quelqu’un ne s’essaye à l’explication de texte. Mais, les « exégètes » du bamanankan ont beau chercher, ont beau tenter d’édulcorer les propos, il n’y a rien à faire : ils n’arrivent pas à convaincre grand monde sur le sens profond de la sentence. Quel gâchis !

Mais enfin qu’avons-nous fait pour mériter tout ça ? La démocratie n’était-elle pas perçue, non pas comme une panacée, mais au moins l’occasion d’une large concertation sur les questions nationales, le respect du principe de « l’homme qu’il faut à la place qu’il faut », la justice égale pour tous et l’égalité de chance pour tous ? Hélas ! Force est de constater aujourd’hui qu’on est loin, très loin du compte. Dommage !

A. M. T.

25 Mars 2008.