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La cinquième révolte des bandits surarmés d’ascendance berbère, pillards du désert, déclenchée le 17 janvier 2012 contre le pouvoir central -suite illogique de la rébellion touaregue dévoile les tares de l’armée et les avatars du gouvernement du Mali. Elle survient après la révolte armée de 1917 contre les esclavagistes détenteurs du pouvoir colonial français. Celle de 1963, 1990 et 2006 contre le pouvoir souverain du Mali hante de plus la mémoire collective.

Tout le monde déplore, aujourd’hui, le fait que l’occupation des deux-tiers du territoire national, pour la première fois, après l’infâme colon, ne soit pas ressentie dans chaque village et ville du Mali. La tragédie et l’oppression, qui en résultent, devraient être présentes dans tous les actes de la vie nationale. Quand on sait qu’il était déjà difficile de croire qu’un Etat laïc admette qu’un groupuscule de mécréants prenne en otage un pan du territoire où, elle administre strictement la Charia, sans faire appel, pour le moins, à la jurisprudence.

Les mouvements islamiques (Mnla, Mjuao, An sardine, Aqmi), venus de nulle part, commettent des crimes crapuleux. Avec eux, l’infamie frappe, au vu et au su de la Communauté internationale, une population impuissante.
Ces fils de pillards du désert, en occurrence les Berbères, peuvent-il enrayer une croyance séculaire irréversible d’une société laïque. Laquelle consolide depuis la nuit des temps liberté et croyance sous le contrôle des institutions en charge des hommes et des femmes, des jeunes et des vieux, des riches et des pauvres, des croyants et des animistes du Mali où cohabitent désormais deux projets de société fondamentalement antagonistes, notamment l’islam modéré et la Charia.

Alors, un mur se dresse virtuellement. Il faut le franchir à ses risques et périls ou le démolir à tout prix pour la paix. C’est une nécessité pour assurer le bien être et la sécurité de la population du nord et leurs biens. Il est l’heure !

Trop ! C’est trop !

Après la lapidation à mort d’un couple adultérin à Aguelhok, il est temps de mettre définitivement un terme à la profanation des mausolées de Tombouctou, l’amputation de la main de futurs présumés voleurs, la privation de liberté individuelle. Il est plus que temps de chasser les démoniques maîtres chanteurs d’imam de Gao intimidés à appliquer strictement la Charia, remettant en cause une laïcité datant d’un temps immémoriaux.

Voilà en bref l’œuvre de faux musulmans, de faux prophètes d’un islam noir. Ces dévots d’un autre âge, plus cruelle que l’épopée des pirates, sans foi ni loi, sèment la terreur et adorent Satan à la place de Dieu là où, précisément au nord et quelque voisins, l’Etat du Mali brille par son absence. Dès lors, il y a lieu de s’interroger sur l’application de la Charia qui n’a jamais engendré autant de méfaits depuis la charte de Kouroukanfouga, pour ne pas dire en Afrique.

Le pouvoir public, les élus, les partis politiques, la Société civile, les leaders communautaires et d’opinion sont interpelés ! Leur silence de perroquet cautionne la pratique grégaire des pillards du Sahel dans les deux-tiers du Mali qui souffre de l’indifférence de son troisième tiers. C’est grave, voire inadmissible !

C’est vrai ! Reconquérir le pays tout entier requiert, avant tout, une obligation de vérité et un devoir d’inventaire sur la responsabilité individuelle et collective. Surtout, surtout que la rébellion, le trafic de drogue, le banditisme et le terrorisme ne relèvent pas de la fatalité, mais bien de la malgouvernance et la responsabilité non assumées par la Communauté internationale, l’Ua, l’Ue, l’Onu, l’Unesco, les Usa, les partenaires du Sahel occidental, etc. Au moment où il faut assumer, ils adoptent, pour le moment, le replie du charognard devant une proie à l’agonie.

Droit de l’homme : qu’est-ce à dire ?

La laïcité au Mali est un principe qui distingue le pouvoir politique des organisations religieuses, l’État devant rester neutre. Mieux, il garantit la liberté de culte, les manifestations religieuses devant respecter l’ordre public. Il protège parallèlement la liberté de conscience sans placer une quelconque opinion au-dessus des autres (religion, athéisme, agnosticisme ou libre-pensée), pour asseoir ainsi la légalité républicaine.

À travers la laïcisation de la société, il ne s’agit pas pour la République de combattre les religions, mais d’empêcher leur influence dans l’exercice du pouvoir politique et administratif et de renvoyer parallèlement les idées spirituelles et philosophiques au domaine exclusif de la conscience individuelle et à la liberté d’opinion. Ce principe a modifié en profondeur la société malienne. La transformation est toujours à l’œuvre aujourd’hui dans l’adaptation du droit et des institutions nationales aux évolutions de la société malienne.

Toutefois, l’existence dans la législation, et dans le débat public d’une distinction entre «laïcité et neutralité», de même qu’entre «liberté de conscience et liberté d’opinion», démontre que la religion n’est pas réellement perçue et traitée, ni comme un phénomène strictement privé ni comme un simple courant d’opinion parmi tant d’autres.

La notion même de laïcité, telle qu’elle est comprise dans la société malienne, n’est donc pas dénuée d’ambiguïté. Jusqu’au début du XXe siècle, l’idée de laïcité représentait avant tout, en pratique, la volonté de réduire l’influence des religions sur les institutions, cette influence étant identifiée comme une menace majeure pour les valeurs républicaines. Depuis, ces valeurs se sont confrontées à des doctrines radicales d’origines diverses non liées à l’islam traditionnel (idéologies totalitaires, phénomènes sectaires, fondamentalisme religieux). De sorte que la laïcité s’inscrit dans une perspective beaucoup plus complexe.

La laïcité, c’est aussi le principe de séparation, au sein l’État, de la société civile et la société religieuse. Elle reflète le caractère des institutions, publiques ou privées, qui, selon ledit principe, sont indépendantes des mosquées et des églises, de l’impartialité ou la neutralité de l’État à l’égard de toute confession.

A ce jour, le principe de laïcité donne lieu à des débats. Car, il doit pouvoir se concilier avec l’exercice du culte. C’est-à-dire, éviter les ingérences tout en garantissant la liberté de conscience.
Par ailleurs, elle est incompatible avec certaines croyances religieuses, selon lesquelles, justement, la religion doit déterminer les affaires publiques et ne peut pas être une affaire privée.

Au niveau législatif

La loi ne tire pas sa légitimité formelle d’une conformité à des préceptes religieux. Pour autant, compte tenu du rôle historique des religions, la loi peut contenir des articles qui peuvent être mis en correspondance avec des préceptes moraux ayant une origine religieuse.

Les États laïcs sont plus ou moins éloignés des prescriptions religieuses, selon la conception qu’ils ont de cette laïcité. Ils défendent les droits de chaque citoyen contre d’éventuelles règles religieuses qui seraient en contradiction avec l’ordre public, particulièrement avec les droits et les libertés de chacun.

Au plan juridique

Le citoyen est jugé indépendamment de ses convictions religieuses.

Au plan exécutif

L’exercice du pouvoir politique n’est conditionné, ni par le respect de prescriptions religieuses ni par l’appartenance à un groupe religieux.
L’avenir immédiat du Mali est passé sous silence. Le plus lointain destin risque d’être l’effondrement de l’Etat, même si dans les prochaines années un essor peut être enclenché. Cette laïcité doit bénéficier de l’accompagnement du leadership de toutes les confessions religieuses du Mali.

Feu El Oumar Ly, ex-président de l’Amipi, feu Mr Luc Sangaré et feu Pasteur Kassoum Keita n’ont-ils pas consacré toute leur existence pour le maintien du dialogue interreligieux au Mali ?

Les libertés en pâtiront-ils avec d’autres équilibres sociaux ? C’est, une question de temps.

Il reste à dire que les mécréants, nouveaux administrations du Nord du Mali, ignorent royalement que l’application de la Charia fait d’emblée référence à la jurisprudence. A ce propos, le plus téméraire des compagnons du prophète Mouhamed (Psl), avait un jour interpelé le roi d’Egypte en lui demandant : comment il administrait ses mandants ?

Sans détour, il dira qu’il coupait la main du voleur, etc. Sur ce Oumar Ibn Khatab lui fait remarquer qu’il ne peut pas couper la main du voleur s’il ne peut pas assurer l’autonomie, le bien-être de sa population. Cela va s’en dire que la Charia ne peut pas être appliquée dans un pays où la pauvreté touche quasiment toute la population, à commencer par les bandits armés du Nord du Mali.

Gérard Dakouo

13 Août 2012