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LE GRAND ENTRETIEN. Selon le chercheur Tarek Megerisi, l’enlisement de l’offensive du maréchal sur Tripoli ternit son image d’homme fort et risque de fragiliser son assise politique. Plus de quatre mois après le déclenchement de son assaut sur Tripoli, l’Armée nationale libyenne (ANL), du maréchal Khalifa Haftar, l’homme fort de la Cyrénaïque (est), n’en finit pas de butter sur les résistances du « gouvernement accord national » (GAN), du premier ministre Faïez Sarraj, soutenu par l’essentiel des groupes armés de la Tripolitaine (ouest). Dans un entretien au Monde Afrique, l’expert libyen Tarek Megerisi, chercheur au Conseil européen pour les relations internationales (ECFR), estime que l’enlisement militaire de Haftar aux portes de la capitale « ternit son image d’homme fort ». Face au risque de « son déclin », le chef de l’ANL se lance dans une « escalade »potentiellement « destructrice » pour Tripoli, relève le chercheur. A long terme, ses difficultés pourraient ouvrir un « vide » sécuritaire au cœur de sa place forte de Benghazi, alors que le chaos ambiant permettrait à l’organisation de l’Etat islamique (EI) d’« étendre son influence ». La « bataille de Tripoli » est entrée dans son cinquième mois. Comment juger l’évolution du conflit, notamment après la perte, fin juin, de Gharyan, au sud-ouest de Tripoli, par les forces du maréchal Haftar qui en avaient fait leur base de projection vers la capitale ?LeMonde