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C’est une période charnière pour la Nation malienne que le Parti pour la Renaissance Nationale (Parena) a choisi pour rendre public un Mémorandum, comme d’habitude, fruit d’une mûre réflexion de son Comité Directeur. Janvier 2009, une date bien choisie, en raison de crises intérieure et internationale qui frappent de plein fouet notre pays et dont la production de l’ « Initiative riz » n’arrive pas à en atténuer la férocité.

Janvier où Barack a pris fonction à la Maison Blanche, mais où l’armée malienne est en guerre fratricide au nord, où la France, l’ancienne puissance coloniale cherche à légaliser l’expulsion des nôtres des bords de la Seine. A trois mois des élections communales qui s’organisent dans des conditions incertaines, le parti de l’opposition dirigé par Tiebilé Dramé fait des propositions concrètes de sortie de crise.

Selon le Mémorandum du Parti pour la Renaissance Nationale, un parti d’opposition dirigé par Tiebilé Dramé, la crise du système financier mondial aura inévitablement des conséquences (dont l’ampleur n’est pas encore connue) dans les pays pauvres comme le Mali. « Chez nous, la crise financière mondiale se juxtapose sur une crise financière interne d’une gravité particulière : les impayés cumulés du Trésor ont atteint en 2008 plus de 250 milliards de francs CFA.

Cette situation fait peser de graves menaces sur l’économie malienne dans son ensemble : étouffement du secteur privé, asphyxie du système bancaire », souligne le parti. Il y a une indifférence du Gouvernement face à cette situation grave, la preuve, « l’adoption par sa majorité à l’Assemblée Nationale, de la loi de finances 2009, malgré les appels des députés de l’opposition à regarder en face la réalité des finances publiques de notre pays et de la situation internationale », explique le parti du bélier blanc.


La situation économique est grave :
en 2008, les services dits de l’assiette (notamment les Impôts et les Douanes) n’ont pas atteint les objectifs qui leur ont été assignés. « Si tant bien que mal, la Direction Nationale des Impôts (DNI) a atteint ses objectifs mensuels, (selon certains spécialistes, les recettes de la DNI seraient théoriques à hauteur de 40% : compensation des Addits et de la Tva), la Direction Générale des Douanes (DGD) n’a pas dépassé 50% de ses objectifs. Rappelons que les objectifs des services des douanes ont été réduits de 52 milliards pour tenir compte des exonérations, pour la plupart complaisantes, qui ont été accordées à certains commerçants dont des proches du régime », souligne le parti.

Comme pour ne pas arranger les choses, en 2008, le flux d’aide extérieure ne s’est pas maintenu et les décaissements n’ont pas atteint le niveau souhaité.

Le Parena en donne l’explication dans ce Mémorandum produit à point nommé « la lenteur dans le traitement des dossiers du fait du manque de motivation des cadres, le mérite n’est pas reconnu et n’est pas le principal critère de promotion, la non mise en place des contreparties nationales à cause de la crise de trésorerie, le retard accusé par certains bailleurs dans la concrétisation de leurs promesses ». Il se dégage de ce Mémorandum, une étude prospective : la situation pourrait avoir comme conséquences l’aggravation de l’accumulation des impayés du Trésor, le non paiement à terme échu des salaires, bourses et pensions et le non paiement à terme échu de la dette extérieure.

En raison donc de la gravité de l’heure, le PARENA a invité à la raison le Gouvernement qui « doit cesser de se comporter comme s’il n’y avait pas de crise intérieure et internationale ». Car des pays à l’économie plus solide que celle du Mali ont pris des mesures d’envergure pour y faire face. « Notre Gouvernement doit mettre fin à sa politique de fuite en avant pour corriger les effets néfastes de la crise des finances publiques. Car jamais depuis 50 ans, les arriérés du Trésor n’avaient atteint un seuil aussi critique. Jamais l’économie malienne n’avait été si proche de l’asphyxie », déplore le parti dirigé par Tiebilé Dramé.

Les propositions du Parena

Le gel de toutes les dépenses non essentielles et en tirer les conséquences pour le budget 2009, une session extraordinaire de l’Assemblée Nationale pour procéder urgemment à un collectif budgétaire, épurer dans un délai de six mois, les arriérés 2008 du Trésor, se concentrer sur le paiement des salaires, des pensions, des bourses et de la dette extérieure, desserrer l’étau de certains milieux d’affaires sur les Impôts, les Douanes et le Trésor, et amener ces services à atteindre leurs objectifs, rétablir l’égalité des commerçants devant le cordon douanier et fiscal, réduire le train de vie de l’Etat : le Gouvernement et toutes les autres Institutions ne peuvent continuer comme si de rien n’était, avoir une vision d’ensemble de l’économie. Voilà égrainé, le chapelet de propositions faites par le Parena, tel un cadeau de nouvel an.

Des mesures que l’équipe de Modibo Sidibé doit s’atteler à mettre rapidement en œuvre pour échapper à un pourrissement de la situation aux conséquences incalculables.

Les élections communales de 2009 et le Ravec

Les conditions dans lesquelles les préparatifs des communales ont commencé laissent sceptiques nombre d’acteurs et d’observateurs politiques.

Les violations des prescriptions de la loi, au cours de la révision des listes électorales qui a commencé plusieurs semaines avant la mise en place effective des commissions électorales locales et communales, la distribution sélective des cahiers de recensement, la vente et l’achat de cahiers de recensement, la poursuite des inscriptions dans de nombreux centres au-delà du délai légal, dans certaines régions, notamment dans le District de Bamako, rendent sceptiques le parti du bélier blanc.

C’est au regard de cette situation de cafouillage généralisé que le Parena préconise la prolongation de six (6) mois, (deux fois trois mois) du mandat des conseils communaux actuels, comme la loi le permet, la refondation du fichier électoral afin de le rendre fiable et crédible, la révision du plan prévisionnel d’opération du RAVEC ( recensement administratif à vocation d’état civil) de manière à couvrir les quatre « zones » du territoire national en même temps – à défaut, diviser le territoire en deux (2) zones- en lieu et place du rythme perlé ou séquentiel prévu..


Sur la souveraineté alimentaire du Mali

Aujourd’hui, sans attendre la fin des récoltes et des statistiques fiables, le Gouvernement crie victoire en faisant semblant d’ignorer que la saison des pluies a été bonne partout au Sahel et que partout dans notre sous-région il y a eu des récoltes record de riz et d’autres céréales. Même dans les pays où il n’y a pas eu « d’initiative riz » la récolte du riz a été bonne.

Ce que le Gouvernement ne dit pas, c’est que « la production record de riz » a coûté au contribuable malien plus 12 milliards de francs CFA, principalement dépensés dans l’acquisition d’engrais dont le marché a été passé dans des conditions qui heurtent la morale publique (gré à gré de plusieurs milliards à des commerçants proches du régime). Ce n’est que le 21 janvier 2009 que le Conseil des Ministres a adopté les projets de décrets de « de régularisation » de ces marchés d’une valeur totale de 11.535 000.000 de francs CFA, explique le Mémorandum.

Par ailleurs, il existe une différence entre la disponibilité du riz et son accessibilité aux consommateurs. Le Parena propose une transformation de l’« Initiative riz » en « Initiative Souveraineté Alimentaire » pour conduire à la sécurité alimentaire globale du Mali. Une telle initiative stimulera tous les systèmes de production ruraux : agriculture (notamment le mil qui reste de loin l’aliment de base de la majorité des Maliens), élevage et pêche.


Sur le Nord

« Le PARENA est profondément préoccupé par la détérioration de la situation au nord du Mali.

Il s’incline devant la mémoire des victimes civiles et militaires tombées lors des différentes actions armées qui ont émaillé l’année 2008”. Il a invité tous les groupes armés à renoncer à l’usage de la force et à privilégier la voie du dialogue pour trouver une solution durable à la crise et stabiliser les régions Nord.

Il a condamné les attaques et les actes de violence survenus au Nord-Mali, et a demandé en particulier au groupe armé dirigé par Ibrahim Ag Bahanga de mettre fin à toute action violente susceptible d’aggraver l’insécurité et l’instabilité au Nord.

Il demande au Gouvernement de doter les forces armées et de sécurité de moyens appropriés leur permettant de s’acquitter de leurs missions de protection des personnes et des biens.

Le PARENA reste attaché à la recherche d’une solution par un dialogue sincère.

Il réitère son appel à une concertation nationale regroupant toutes les forces vives de la Nation en vue de trouver des solutions durables à la crise du Nord.


B. Daou

29 Janvier 2009