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Dans un mémorandum rendu public à l’occasion du sommet du groupe de suivi sur la situation au Mali, le Front uni pour la sauvegarde de la démocratie et de la République (FDR), exprime ses inquiétudes à propos de la gouvernance du Premier ministre Cheick Modibo Diarra, qui travaillerait en candidat à la présidentielle à venir.

Le FDR exprime sa profonde gratitude à la CEDEAO, à l’Union Africaine, à l’Union Européenne, à l’Organisation Internationale de la Francophonie, aux Nations-Unies et à tous les partenaires du Mali pour leur solidarité agissante avec le peuple malien dans les dures épreuves qu’il traverse. Il salue la communauté internationale pour le vote unanime le 12 octobre 2012 de la résolution 2071 par le Conseil de Sécurité des Nations Unies.

« Notre regroupement a organisé le 11 octobre 2012, en relation avec le COREN et d’autres forces vives, une imposante manifestation qui a regroupé, à Bamako, des milliers de personnes pour exprimer leurs encouragements et leur soutien à la CEDEAO et à la communauté internationale. Le FDR souhaite la bienvenue aux illustres représentants de la communauté internationale qui se réuniront à Bamako, le 19 octobre 2012, sur invitation de l’Union Africaine, dans le cadre de la réunion ministérielle du groupe de soutien et de suivi de la situation au Mali « , déclarent les responsables du Front.

A propos de la conférence de ce matin, le Front estime que les nombreux participants aident le Mali et son armée à libérer les deux tiers du territoire national occupés par des groupes armés étrangers et maliens.

Les précédentes rencontres sur le Mali, souligne le FDR, ont conduit à quelques progrès. Si ces progrès ont été accomplis, souligne le FDR, force est de reconnaître que les sept derniers mois ont été émaillés d’atteintes aux droits de l’homme, d’interférences répétées de la junte dans la gestion des affaires publiques et d’une gestion partisane de la Transition qui par définition devrait être neutre : arrestations arbitraires et détentions illégales, agressions contre les journalistes, tortures, exécutions extrajudiciaires, disparitions forcées (soulignées par des rapports de plusieurs organisation de défense des droits humains). Le FDR dénonce les interférences de la junte dans la gestion des affaires publiques et dans des tentatives de négociations avec les terroristes. Il s’insurge particulièrement contre « la gestion partisane de la Transition ».

Pour Iba N’Diaye et ses amis, le Premier utilise l’appareil d’Etat et les moyens de l’Etat à des fins politiques partisanes. «Il ne fait aucun mystère de son projet de se présenter aux prochaines élections présidentielles, au motif, qu’aucune disposition de l’Accord-cadre du 06 avril 2012 ne l’en empêche». Une telle détermination qui fausse les règles du jeu d’une Transition neutre fait fi de la jurisprudence de la Transition de 1991-1992. Elle ignore les conclusions de la rencontre des forces vives (Ouagadougou, avril 2012) et du sommet des Chefs d’Etat du groupe de contact de la CEDEAO sur le Mali (Ouagadougou, 07 juillet 2012).

Enfin, elle ne tient aucun compte du message à la Nation du président de la République, le 29 juillet 2012 : « …il reste entendu que ni le Président, ni le Premier ministre, ni les Ministres ne pourront se présenter à la prochaine élection présidentielle ».

Selon le FDR, la gestion partisane de la Transition s’observe à travers le processus d’organisation des Concertations Nationales. Le PM refuserait de tenir compte des propositions du FDR pour une organisation paritaire et consensuelle des Concertations Nationales… La réunification du pays demeure un vœu.

La cohésion de l’armée nationale, son réarmement moral doivent apparaître clairement comme des tâches fondamentales, indiquent les responsables du front anti-putsch.

Les souffrances aux populations au Nord, la question du fichier électoral sont entre autres questions abordées par le FDR dans ce mémorandum.

Bruno Djito SEGBEDJI

19 octobre 2012.