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Alpagué au pays de Abdel Aziz comme il l’avait lui-même à beaucoup d’autres au faîte de sa redoutée puissance : la cavale est terminée pour le beau frère de Kadhafi qui avait été donné à Kidal d’abord avant d’être, quelques jours plus tard, annoncé par le Cnt chez sa sœur en Libye même.

Ce qui intrigue chez Senoussi, ce n’est pourtant pas son don d’ubiquité ni qu’il ait pu jusque-là passer à travers les mailles du filet. La désinformation peut tout, de même que les fausses moustaches et l’art de nouer un turban. Ce qui intrigue c’est que Paris ne se souvienne que maintenant du bourreau du vol Uta.

Car il était encore le patron des services libyens de sécurité quand Kadhafi se faisait décontaminer par un Occident dont la boulimie pour le pétrole exigeait quelqu’amnésie vis-à-vis de ses martyrs explosés en plein ciel ou dans une discothèque branchée. Il était encore le patron des services secrets quand Cecilia venait à Tripoli mendier la libération d’infirmières bulgares victimes d’arrestations arbitraires et d’accusations tout aussi infamantes que grotesques.

Il était là quand Sarkozy, avant d’être le brûleur de Tripoli, capitulait sans condition devant son visiteur libyen venu à Paris avec ses tentes et l’ordre de licenciement de Rama Yade. Pour ce qui est du passeport utilisé par l’ennemi public No 1 remémoré, les Maliens, eux, sont habitués à voir ce précieux instrument entre toutes sortes de mains : les migrants venus du pôle Nord, comme les parrains du crime organisé.

La réalité a dépassé la fiction dans ce pays qui, tristement n’est plus au-dessus de rien. Et qui n’a plus que ses oreilles meurtries par tant de contre-publicités. Comme en septembre 2010 quand les ravisseurs d’Arlit étaient donnés pour avoir rejoint leur « sanctuaire malien ». Comme en janvier 2011 où enlevés à Niamey, Delory et de Léocur rencontraient leur tragique destin à Menaka.

Adam Thiam

Le 19 Mars 2012