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Un meeting des « forces vives« anti-coup d’Etat s’est tenu le lundi 26 mars à 10 h à la Bourse du travail.

Majoritairement membres du Front uni pour la restauration de la démocratie, un front de 38 partis et associations, « ces démocrates » portaient comme étendard l’article 121 de la Constitution du Mali qui proclame « crime imprescriptible contre le peuple » tout coup d’Etat ou putsch.

L’arrivée tardive de Soumaïla Cissé, candidat à l’élection présidentielle a été dénoncée par certains comme une récupération politique, malgré la présence de nombreux de ses supporters. Le meeting n’a pas duré plus d’une demi-heure. Mais, les messages libellés étaient clairs : « Les militaires au front, le pouvoir au peuple », « Dégage Sanogo ! « , « Abas les putschistes ! », « Vive la République, vive la démocratie ! ».

Plusieurs dizaines de politiques, d’étudiants et de syndicalistes ont désavoué les putschistes. Siaka Diakité, le secrétaire général de l’UNTM a indiqué : « Nous ne tolérons pas qu’on hypothèque notre démocratie. Dès aujourd’hui, on vous promet un plan d’action pour la restauration de la démocratie », a-t-il dit.

« Ce sont ceux qui disent non au pouvoir militaire qui sont là. Nous avons décidé de créer un front uni (politique et civil) », a précisé Iba Ndiaye, 1er vice-président de l’Adéma/PASJ, ajoutant que les partis politiques avaient décidé, quel que soit le contexte, de commémorer le 26 mars à la Bourse du travail hier lundi.
Soumi refuse d’être le Premier ministre

Selon Soumaïla Cissé, son arrivée tardive était due à une convocation à Kati pour rencontrer le capitaine Sanogo, chef de la junte, à la recherche d’un Premier ministre. M. Cissé a déclaré avoir répondu au chef de la junte qu’il « ne sera pas le Premier ministre du CNRDRE ».

Et à Cissé d’ajouter : « Je lui ai dit clairement que nous sommes contre le coup d’Etat, nous pensons que ce n’est pas la bonne période pour faire un coup d’Etat. Il y a des problèmes urgents dans ce pays. Ils ont la responsabilité de la sécurité intérieure de ce pays, avec toutes les casses qu’il y a à Bamako. Ils ont la responsabilité de la sécurité au Nord qui est aussi de leur domaine de compétence. Nous exigeons le respect de la Constitution, que les dates des élections soient respectés. Nous demandons l’ouverture des frontières et la libération des camarades qui sont emprisonnés arbitrairement. Nous avons insisté pour dire que c’est notre position, que nous sommes dans un pays démocratique ».

Le candidat de l’URD à la présidentielle a poursuivi : « Dans un pays démocratique, il y a des voies et des moyens pour arriver au pouvoir. Le monde a changé, le peuple ne peut plus accepter de tels actes, le Mali et les populations du Mali, nous nous en inquiétons. S’ils aiment le Mali, nous aussi aimons le Mali. Ce qui caractérise le Malien est de dire la vérité où qu’elle est. La vérité est qu’aujourd’hui, si nous coupons avec la communauté internationale, demain il n’y aura plus à manger à Bamako, demain il n’y aura plus de carburant à Bamako », a-t-il dit.

Pour Hamadoun Traoré, le secrétaire général de l’AEEM, « les militaires doivent retourner dans leur caserne. Chacun de nous doit se battre pour la démocratie ». Après le meeting, certains jeunes voulaient libérer l’ORTM occupés par les militaires. Mais, ils ont après rebroussé chemin.

Etaient présents au meeting le Pr. Ali Nouhoun Diallo (Adéma), Tiébilé Dramé (Parena), Mme Sy Kadiatou Sow (Adéma), Tiéman Hubert Coulibaly (UDD).

Sidiki Doumbia

Kaourou Magassa

28 Mars 2012