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Au meeting organisé par le Collectif des Ressortissants du Nord (COREN), toutes les couches sociopolitiques du Mali étaient fortement présentes.
Hier, mercredi 11 avril, au Stade Modibo Kéïta, dans l’après-midi, on avait mis de côté les egos, les rangs, et surtout les colorations politiques, pour soutenir nos compatriotes du Nord, touchés par la vague de la rébellion et des djihadistes.

C’est ainsi qu’à la tribune on pouvait voir, côte à côte, Soumaïla Cissé, président de l’URD et son camarade Oumar Ibrahima Touré, ex ministre de la Santé, les pros et anti-putsch, Oumar Mariko, Younouss Hameye Dicko ou encore IBK, les leaders religieux de toutes les obédiences…Bref, de Kayes à Kidal, tout le Mali s’était retrouvé pour dire non à l’annexion du Nord Mali.

Parmi les nombreux discours prononcés à cette occasion, on retiendra celui de l’ancien Premier ministre et non moins président d’honneur du COREN, Ousmane Issoufi Maïga. «Nous devons nous retrouver dans notre dignité, dans nos symboles et, surtout, dans l’unité, car le Mali est menacé par une poignée de séparatistes et de djihadistes» a-t-il lancé, sous un tonnerre d’applaudissements. Selon Ousmane Issoufi Maïga, «la République de l’Azawad n’est pas représentative de la démographie et de l’histoire du Nord Mali».

Le président d’honneur de lancer un vibrant appel à tous les jeunes du Mali afin qu’ils aillent se battre au front: «je vous exhorte à aller vous battre contre l’ennemi. Et je sais que, dans ce combat, vous ne serez pas seuls. Vous serrez protégés par les esprits de nos ancêtres, ceux-là qui se sont battus contre les envahisseurs». Il n’a pas omis de mettre aussi en garde «certains pays qui veulent cautionner la partition du Mali à cause de certains intérêts économiques. Je voudrais que ceux-là fassent la part des choses, car le Mali reste un et indivisible» a-t-il martelé.

Le président du COREN, Malick Alhousseini Maïga, a estimé que «l’épreuve que nous affrontons constitue pour les Maliens un test». Selon lui, toujours, «cette épreuve, sous la forme des bandits et des terroristes, a permis aux Maliens de se retrouver, de retrousser les manches pour défendre nos idéaux». Dans la foulée, le président du COREN a égrené un certain nombre d’actions au compteur du Collectif. Ainsi, en novembre 2011 déjà, il avait, selon son président, «attiré l’attention des autorités sur certains faits au Nord». Depuis décembre, a-t-il souligné, le COREN est sur la brèche. Et, depuis le début des derniers événements, le COREN a remis une feuille de sortie de crise aux différentes parties chargées de gérer le conflit.

On retiendra aussi que le COREN a mis en place, pour ce faire, sept commissions, chargées de coordonner ses actions et de les traduire en actes concrets. Cela dit, plusieurs cadres et participants à ce meeting ont regretté «d’entendre trop de discours, de voir trop de marches à Bamako, mais rien sur le terrain». Espérons que cela viendra très bientôt.

Notons que le mardi 10 avril, le COREN avait battu le pavé. Il s’agissait d’une grande marche de protestation contre l’occupation des régions septentrionales par des étrangers et des rebelles apatrides. La marche est allée de la place de la Liberté au monument de l’Indépendance.

Paul Mben

12 Avril 2012