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Les femmes du Mouvement citoyen n’ont vraiment pas raté le coche. Elles ont unanimement compris qu’ATT devait être vigoureusement soutenu, dans les périodes de vaches maigres et d’errements politiques et militaires. C’est pourquoi le thème “Rôle et place des femmes dans le PDES”’a été occulté au profit de la mobilisation autour du président de la République.

A l’exception du ministre de l’é-nergie, des mines et de l’eau, Ahmed Sow et de la troupe Nyogolon qui ont tenu à expliquer au public le programme de développement économique et social (PDES), les interventions ont consisté à jeter une bouée de sauvetage à ATT dont le naufrage risque de précipiter le Mali dans les abîmes.

C’était, au cours du meeting des femmes du Mouvement citoyen organisé, hier au Palais de la culture Bazoumana Sissoko.

La salle était comble à l’arrivée de la délégation gouvernementale comprenant le président du Mouvement citoyen et ministre de l’Equipe-ment et des transports, Ahmed Diane Semega ; le ministre de l’Emploi et de la formation professionnelle, Iba N’Diaye ; le ministre des Mines, de l’énergie et de l’eau, Ahmed Sow ;

le ministre de la promotion de la femme, de l’enfant et de la famille, Mme Maïga Sina Damba ; le ministre de la justice, garde des sceaux, Maharafa Traoré ; le ministre de l’Artisanat et du tourisme, N’Diaye Bâ et le député Assarid Ag Imbarcawane.

Sur les banderoles, on pouvait lire entre autres : “Les femmes du Mouvement citoyen soutiennent ATT pour la mise en œuvre du PDES ; promotion économique des femmes pour lutter contre la pauvreté ; la coordination nationale de la jeunesse du mouvement citoyen appuie le CENA dans le cadre du PDES”.

Le député Mme Haïdara Aïssata Cissé dite Chato a lu une motion de soutien au président de la République et aux forces armées, sur la situation sécuritaire au Nord du pays.

Elle est convaincue qu’il faut absolument faire prévaloir le dialogue. Elle n’a pas manqué de nous affirmer que c’est sa constante position à l’Assemblée nationale. Elle s’est plaint du faible nombre de femmes qui doivent faire entendre leurs voix plus fortes à l’Assemblée nationale.

Le comédien ivoirien Bakary Bamba a tenu à livrer, de manière humoristique, un message du Président ivoirien Lau-rent Gbagbo à son homologue malien. Tel un homme expérimenté d’une crise du Nord, Gbagbo a conseillé à ATT : le dialogue, le dialogue, le dialogue !
ATT, ancien médiateur, ne doit faire la guerre.

Le capitaine Amy Diabaté traitant du thème “défense et sécurité”, a indiqué que le maintien de la paix ne pouvait se faire sans l’implication des femmes.

Elle a notamment laissé entendre qu’ATT, ancien médiateur pour la paix en Afrique, ne pouvait se conduire en va-t-en guerre car il serait inéluctablement rattrapé par l’histoire. Elle a raconté l’histoire pathétique d’une femme qui avait coupé son sein pour le donner à manger à son fils de 10 ans pour lui sauver la vie.

Les femmes n’ont donc pas raté l’occasion de revenir sur l’expression “Bé bi ba bolo” pour confirmer ATT sur la nécessité de faire appel aux femmes puisque la situation est aujourd’hui périlleuse.

En fait, les différents intervenants, dont le député Oulématou Tamboura, ont notamment signalé la nécessité de l’unité du Mouvement citoyen, ce qui explique, dans une certaine mesure que certains militants de l’association vivent la période trouble du doute et du désir de rejoindre leurs camarades qui ont rejoint les partis politiques.

L’absence de plusieurs cadres du Mouvement citoyen à ce meeting est un signe qui ne trompe pas.

Interrogé sur la cause de son absence, M. Madou Blén Sissoko nous a d’abord rétorqué qu’il n’était pas au courant du meeting avant de nous dire qu’il est en convalescence.

Quid de l’absence de Malaye, Madiba, Adama Yalcoué et Jean Marie Koné ? Assurément, le Mouvement citoyen n’est plus dans ses années dorées mais amorce un déclin qui rentre dans la droite ligne de celui de son mentor ATT qui avait vraiment besoin du soutien des femmes du Mouvement citoyen.

En fait, l’action était destinée à contrecarrer les femmes des gardes qui avaient menacé d’observer une marche de protestation après l’attaque d’Abéibara. A l’occasion, des minutes de silence ont été observées en mémoire des jeunes militaires morts au Nord du pays. L’affaire était donc grave et les femmes ont tenu à insister sur l’aspect sécuritaire, notamment pour apaiser l’opinion, au lieu de divertir le public sur le PDES. L’un de ses concepteurs, M.

Ahmed Sow, a difficilement tenté de l’expliquer à l’assistance et de surcroît dans un “bamanan” qui ne lui est pas familier. Les artistes qui ont participé massivement à ce meeting, en l’occurrence Mamou Sidibé, Djénéba Seck, Dialou Damba, Sali Sidibé ont vite saisi l’opportunité, par l’intermédiaire d’une cantatrice, de préciser qu’il s’agissait de Sow poullo, ce qui voulait sûrement dire que l’explication du PDES n’était pas le thème mobilisateur.

Le ministre des Mines a rendu hommage aux femmes en commençant par dire que toute décision appartient aux femmes. Il a réitéré l’urgence du travail transparent pour obtenir des résultats positifs.

L’agriculture, les infrastructures, l’eau, le secteur privé, l’initiative riz, le secteur de l’éducation, l’or et les signes encourageants de gisements de pétrole, d’uranium et de fer ont été survolés dans la chaude ambiance de la salle Bazoumana Sis-soko.

Il a, aussi, valorisé le travail des femmes et des jeunes qui ne doivent pas rester au chômage dans un pays qui a besoin de main d’œuvre qualifiée. L’intervention de Mme Kanté Danfaga Touré s’est faite dans le même sens, citant, sans conviction, les emplois créés par ATT et la nécessité de mobilisation des femmes.

Elle a expliqué aux femmes des stratégies leur permettant de mieux s’insérer dans les activités productives. Le ministre des Mines, de l’énergie et de l’eau, M. Hamed Sow, a aussi précisé que le PDES était bien l’œuvre du président de la République.

Le président du Mouvement citoyen, Hamed Diane Semega, a fait savoir qu’ATT avait besoin du soutien inébranlable, sans faille du Mouve-ment citoyen pour faire du Mali un pays apaisé. Priorité à l’éducation.

C’était donc la consigne donnée avant d’estimer que le Mali, malgré les difficultés dont la vie chère, “est en marche, il bouge et se modernise tous les jours”.

Il n’a pas tari d’expressions réconfortantes pour les femmes : “éduquer une fille, c’est éduquer une Nation ; derrière chaque grand homme se cache une grande femme ; qui peut mieux qu’une femme du Mali sensibiliser sur la paix et parler des durs labeurs, etc. Toutes choses qui ont présenté ce meeting comme un appel au secours d’ATT à cause des difficiles épreuves que la Nation continue de traverser.

Assurément, l’annonce du soutien au PDES était un alibi qui a mal caché les véritables intentions des organisateurs de l’évènement : voler au secours d’ATT, assailli de problèmes tous azimuts. Et surtout faire croire à l’opinion que toutes les femmes du Mali sont avec ATT.

Baba Dembélé

09 Juin 2008