Partager

C’est finalement le mardi dernier qu’Algériens et Maliens se sont rencontrés à Alger en vue de relancer le processus de la médiation algérienne dans la crise de Kidal. Pour les autorités maliennes, la donne de cette nouvelle rencontre est claire : toute solution de sortie de crise ne saurait se faire en dehors de l’Accord d’Alger. Parallèlement, des initiatives sont en cours pour ramener les bandits à la raison.

Dans la nuit du lundi à mardi derniers, Oumarou Ag Ibrahim Haïdara, président du Haut conseil des collectivités et Moctar Ouane, ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale, ont quitté Bamako pour Alger.
Les deux personnalités sont chargées par le chef de l’Etat, Amadou Toumani Touré, de soumettre à la partie algérienne l’évolution de la situation au nord-est de Kidal ces dernières semaines.

Aussi, Ag Ibrahim et Ouane devront entretenir les autorités algériennes des résultats issus de la rencontre de Tripoli, où représentants de l’Etat et ceux des insurgés avaient convenu d’un cessez le feu pour donner plus de chance à l’instauration du dialogue.
Rencontre d’urgence pour parer à une situation d’urgence, née de l’accrochage du 20 mars dernier entre Tinzawaten et Kidal, la rencontre de Tripoli, faite à la demande expresse de Bahanga, a eu le mérite d’arrêter les combats.

Néanmoins, les deux parties avaient décidé de saisir l’Algérie, un pays qui a parrainé les différents Accords sur le nord, dont le dernier en date à été signé le 4 juillet 2006 avec l’Alliance du 23 mai dont Bahanga lui-même est membre.
Aussitôt arrivés à Alger, le président du Haut conseil des collectivités et le ministre des Affaires étrangères devraient avoir, dans la matinée du mardi, une séance de travail avec les autorités algériennes.

Dans l’esprit des autorités maliennes, il ne s’agira nullement d’ouvrir de nouvelles discussions, encore moins de s’éterniser sur des broutilles, au cours de cette rencontre. Il sera surtout question d’échanger sur des sujets de fond relatifs au respect de l’Accord d’Alger, seul cadre de dialogue, aux yeux des autorités.

Initiatives à l’intérieur

Au moment où la délégation malienne se trouve à Alger, plusieurs initiatives sont en cours à l’intérieur du pays. Objectif : ramener le calme à Kidal.
Dans ce cadre, les notabilités et les élus (députés, maires) de la région de Kidal ainsi que le Consul au Mali à Tamanrasset viennent de mettre en place une commission de bons offices. Présidée par le député de Tin-Essako, Intallah Ag et ayant pour porte parole, l’ancien ministre, Mohamed Ag Erlaf, directeur de l’Agence nationale d’investissement des collectivités territoriales (ANICT), cette commission a déjà rencontré le président Amadou Toumani Touré, pour lui apporter tout son soutien dans la recherche d’une solution négociée à la crise.

Demain, vendredi, une délégation de cette commission se rendra sur le terrain à Kidal, d’où elle tentera d’entrer en contact avec les bandits pour les convaincre de mettre un terme à leur aventure. Aussi, les membres de la commission rencontreront les responsables de l’Alliance qui ont précipitamment abandonné Kidal, la semaine dernière. Il s’agira d’obtenir leur retour dans la ville. Même démarche auprès des populations déplacées que les membres de la Commission entendent également rencontrer au cours de cette première sortie.

La commission est déjà en avance sur son programme. En effet, elle aurait saisi les membres de l’Alliance qui auraient bien accueilli l’initiative en cours et seraient sur le point d’accepter de revenir.
En attendant, la commission, selon son président, souhaite obtenir des parties, l’acceptation d’une trêve d’au moins un mois, en vue de faciliter le dialogue.

En attendant, sur le théâtre des opérations, l’on observe une accalmie, depuis quelques jours.

CH. Sylla

17 avril 2008.