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La politique de médiation controversée de la CEDEAO dans la crise malienne amorcera sa dernière phase essentiellement axée sur la reconquête des régions du Nord. Au regard de la lourdeur du climat entre la CEDEAO et le peuple malien et souvent avec les autorités de la transition, à quoi peut-on donc s’attendre ?

Après le retour au bercail du Président intérimaire, les dirigeants de la CEDEAO insistaient sur un certain nombre de points, notamment la sécurité de Dioncounda Traoré par les forces étrangères, la stabilité des institutions à travers un gouvernement d’union nationale et la restructuration de l’armée nationale pour le recouvrement de l’intégrité du territoire.

Plongé dans la tourmente depuis plusieurs mois, le Mali commence enfin à mieux s’orienter vers des voies de sortie de crise. Dès le retour du Chef de l’Etat intérimaire de France, la CEDEAO aurait tenté de déclencher un scandale entre Dioncounda Traoré et Cheick Modibo Diarra par rapport à la composition du gouvernement d’union nationale. Portant, ce travail incombait logiquement au Premier ministre.

Dans le cadre de la stabilité des institutions, il était question, au sein de la communauté internationale, de la configuration d’un gouvernement d’union nationale, mais sans une réelle garantie à la Nation concernant l’atteinte de ses objectifs. Pour la CEDEAO, l’heure est aujourd’hui au combat pour la reconquête des villes occupées du Nord par la restructuration des forces de défense et de sécurité du Mali à qui incombait cette lourde tache.

Lors d’un entretien avec son homologue français Laurent Fabius, le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Djibril Bassolé, confiait que la communauté internationale s’apprêtait à restructurer l’armée malienne en vue de la reconquête des villes occupées du Nord sans pourtant faire le point des pourparlers avec les assaillants du septentrion. Aussi après son passage au Nord, le Médiation de la CEDEAO se disait satisfaite, mais sans pouvoir convaincre, surtout quand on sait que les populations des villes occupées du Nord subissent toujours les exactions des envahisseurs.

La CEDEAO aurait-elle donc montré ses limités dans la médiation malienne car au delà du non respect des Accords, aucun acte positif n’est jusque-là visible. Comment se fait-il donc que la CEDEAO parle de restructuration de l’armée malienne tout en étant impliquée dans des ennuis relatifs au blocus sur les armes et munitions du Mali aux frontières sous-régionales ?

M. Bellem

22 Août 2012