Partager

Le médiateur de la CEDEAO dans la crise malienne, le président burkinabè Blaise Compaoré et une délégation de la junte ne sont pas parvenus vendredi à un accord sur la durée de la période de transition, après deux entretiens en trois jours. Celui que tous s’accordent désormais à appeler » le capitaine » semble vouloir une transition plus longue que les douze mois proposés par la CEDEAO.

jpg_une-709.jpgLa délégation du CNRDRE, forte de quatre militaires et deux civils, était conduite par le commandant Abdoulaye Makalou. Elle s’est entretenue dans l’après-midi du vendredi 4 mai 2012 au palais présidentiel de Ouagadougou avec le président du Faso, Blaise Compaoré, médiateur de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) dans la crise.

Une première rencontre « d’explications » avait eu lieu déjà le mercredi 2 mai.

Il semble qu’après la reculade de la CEDEAO quant à l’envoi de ses troupes, qui sera désormais conditionné à » la requête des autorités maliennes », le Capitaine Sanogo tient à définir la durée de la transition pour savoir comment » prendre ses responsabilités « .

Par rapport à cette durée, fixée à douze mois par la CEDEAO lors du sommet d’Abidjan, la junte » a marqué sa disponibilité à poursuivre le dialogue avec le médiateur afin de trouver dans les meilleurs délais une solution définitive « , indique le communiqué conjoint lu par le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Djibrill Bassolé.

La délégation du capitaine Sanogo » a souligné la nécessité de tenir compte dans la détermination de la durée de la transition du temps nécessaire à la restauration de l’intégrité territoriale et au parachèvement du processus électoral « .

La transition doit se clore par des élections présidentielle et législatives. La tâche principale des organes de transition est de trouver une solution à la crise dans le nord du pays, tombé aux mains de rebelles touareg et des islamistes armés à la faveur du putsch du 22 mars.

Il faut rappeler que le capitaine Amadou Haya Sanogo avait rejeté la semaine dernière les décisions de la Cédéao fixant la période de transition à douze mois, de même que l’envoi de soldats dans son pays sans demande du gouvernement malien.

En sommet jeudi à Dakar, les chefs d’Etat de la Cédéao ont annoncé l’envoi d’une force militaire régionale dans le pays » dès que le Mali en fera la demande « , et n’ont pas évoqué la durée de la transition. Comme on le voit, le patron du CNRDRE n’est apparemment pas pressé de pacifier le pays et d’aller aux élections. Et dire que l’un des ténors de la classe politique proche des positions du CNRDRE, IBK parle, lui, d’une transition de six mois.

Il faut signaler toutefois que la délégation des ex-putschistes à Ouagadougou a réaffirmé sa » volonté de poursuivre le dialogue avec la Cédéao » sur la base de l’accord conclu avec elle le 6 avril et qui a cadré le transfert du pouvoir aux civils, et promis l’ « adoption dans les meilleurs délais » d’un calendrier pour sa mise en œuvre.

Par ailleurs, concernant la crise au Nord, Djibrill Bassolé a indiqué que des » contacts sont en cours » en vue d’un dialogue entre le gouvernement malien et les mouvements armés. » Je pense que très bientôt nous aurons les premiers entretiens « , a-t-il dit, sans autre précision.

Les entretiens de Ouagadougou sont survenus alors qu’à Bamako des militaires fidèles au président Amadou Toumani Touré (ATT) renversé le 22 mars ont vainement tenté lors des combats lundi et mardi de reprendre les positions tenues par les ex-putschistes qui, bien qu’ayant accepté de rendre le pouvoir aux civils, restent omniprésents.

Bruno D SEGBEDJI

L’Indépendant du 7 mai 2012