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«Nous sommes ici (au Mali) pour trouver les voies et moyens d’aider le Mali» à résoudre la crise qu’il connait depuis des mois. C’est en ces termes que le président nigérian, Goodluck Jonathan, a introduit un bref entretien avec la presse après son atterrissage à l’aéroport international de Bamako-Sénou, le 19 octobre 2012.

Pendant que les experts militaires et diplomates africains européens et chinois s’activaient à la préparation d’une stratégie pour une intervention militaire dans le nord du pays occupé par des islamistes armés, le président nigérian s’entretenait avec les acteurs politiques et de la société civile malienne. «On a fait le déplacement pour échanger avec toutes les parties concernées, nous ferons un effort pour trouver une solution africaine» a souligné Goodluck Jonathan.

L’initiative nigériane, a-t-il expliqué lors d’un point de presse à l’issue de sa mission, est motivée par les liens de l’histoire et des relations diplomatiques que son pays entretient avec le Mali. Il s’agit donc d’une nouvelle dynamique entreprise par un chef d’Etat de la CEDEAO pour résoudre la crise politique qui semble compliquer davantage la crise sécuritaire du pays.

Le président nigérian affirme avoir eu de «très bonnes discussions» avec le président de la République par intérim, Dioncounda Traoré qui, faut- il le rappeler, avait souligné à l’ouverture de la réunion du groupe de soutien et de suivi de la crise malienne qu’il n’était nullement «un président en otage». En fait, la complexité de la crise politique et institutionnelle laisse penser ce scenario qui, selon le président nigérian, trouverait sa solution dans une concertation avec toutes les couches sociopolitiques au niveau national.

En dépit du président Traoré, avec lequel il a eu un «déjeuné de travail», Goodluck Jonathan a eu des entretiens avec le premier ministre, Cheick Modibo Diarra, le ministre des affaires étrangères et de la coopération internationale, Tiéman Hubert Coulibaly. Mieux, ses 12 heures de séjour dans la capitale malienne ont été mises à profit pour recueillir l’avis des acteurs politiques et de la société civile. Et c’est dans ce contexte qu’il a reçu des personnalités telles qu’Ibrahima Ndiaye du FDR, Dr. Oumar Mariko de la COPAM, Me Mountaga Tall de la CSM, Siaka Diakité de l’UNTM, Hamadoun Amion Guindo de la CSTM, Mahmoud Dicko du haut conseil islamique, Mtr Jean Zerbo de l’église catholique, etc.

Le président nigérian ne s’est pas également privé de rencontrer l’ancien président de la République, Alpha Oumar Konaré, dans sa résidence et de recevoir dans son hôtel le général Moussa Traoré, également ancien président et le capitaine Amadou Haya Sanogo, auteur du coup d’Etat du 22 mars 2012.

Seydou Coulibaly

Le 22 Octobre 2012

© AFRIBONE