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Les pourparlers pour une paix définitive au Mali pourraient certainement être relancés sous l’égide de l’Algérie. Mais en dépit de son impopularité, la médiation de Blaise a porté quelques fruits.

Il n’est pas exclu que le président IBK retire au président Blaise Compaoré et à son ministre Djibril Bassolé, la médiation pour la paix définitive au Mali. Les pourparlers pourraient certainement être relancés sous l’égide de l’Algérie. La médiation burkinabé n’est plus vue d’un bon œil à Bamako qui ne cache pas ses suspicions à l’égard du Burkina, qualifié de complaisant vis-à-vis des rebelles, notamment le MNLA à qui il offre gîte et couvert.

Que le Burkina soit « out » ou pas dans la médiation, les Maliens doivent être reconnaissants quelque part à Blaise Compaoré le président du Faso et à son ministre Djibril Bassolé, qui, malgré les hostilités à leur égard, sont parvenus, l’honnêteté recommande de le dire, à des compromis qui ont permis au Mali de sortir de la crise.

La médiation burkinabé au Mali aura duré 2 ans et neuf mois… Elle a été confiée le 27 mars 2012, lors de la réunion des chefs d’Etat de la Cédeao au président du Faso, Blaise Compaoré pour restaurer la légalité constitutionnelle, concilier les parties par le dialogue et la concertation, en vue de parvenir à une paix durable.

Des acquis

En dépit du fait, qu’elle n’était pas acceptée par tous, la médiation Burkinabé a permis à la nation malienne de se targuer aujourd’hui de sa légalité constitutionnelle. Il convient de rappeler les points forts et les acquis majeurs de cette médiation.

Il s’agit de la signature, le 6 avril 2012 à Ouagadougou, d’un Accord cadre qui instaure et organise la transition politique et institutionnelle, consacrée par l’installation d’un président par intérim de la République, conformément à la Constitution et à la mise en place d’un gouvernement de transition ; la déclaration du 4 décembre 2012 par laquelle les protagonistes sont convenus de l’arrêt des hostilités, de la préservation de l’intégrité territoriale du Mali, du rejet de l’extrémisme religieux et de leur engagement à lutter contre le terrorisme. Il y aussi la signature de l’Accord du 18 juin 2013, qui a permis la tenue de l’élection du président de la République et ouvert la voie aux pourparlers inclusifs de paix définitive. Et surtout le rétablissement de la légalité constitutionnelle qui constitue un point majeur de cette médiation.

Un deuxième médiateur, l’Algérie, aura certainement plus d’impact que celle burkinabé. Considérée comme partie prenante de la rébellion Touareg, on espère que l’Algérie saura arbitrer et orienter convenablement les échanges et éviter les dérapages afin que les parties prenantes trouvent la solution la mieux adaptée. Même si pour l’instant, la dernière rencontre en date avec les groupes rebelles a été boycottée par certains leaders rebelles.

Aminata Traoré

Les Echos du 22 Janvier 2014