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Depuis son départ de la primature, Diango Cissoko, est toujours à la maison. Selon toute vraisemblance, Diango serait dans l’attente d’un feu vert solennel du nouveau président de la République, Ibrahim Boubacar Kéita, pour reprendre sa fonction à la médiature de la République.

Diango_CissokoAprès son départ de la Primature, pourquoi Diango Cissoko n’a pas toujours repris service du côté de la Médiature de la République ? C’est la question qu’on se pose au bureau du médiateur de la République d’autant plus que pour ses collaborateurs, notamment le directeur du département de la Communication, Ibrahim Famagan Coulibaly, Diango Cissoko, a été appelé pour une mission de la Nation par le président de la transition, Pr. Dioncounda Traoré, « en un moment où le bateau-Mali était en train de tanguer afin de présider aux destinées du gouvernement le 11 décembre 2012 ».

Selon M. Coulibaly, « cela est tout à fait normal puisque selon les dispositions de la loi, le président de la République ou le président de l’Assemblée nationale peut mettre le Médiateur de la République en mission sans que cela n’affecte aucunement à ses fonctions puisqu’il est indépendant avec un mandat de 7 ans ». De ce fait, explique notre interlocuteur, il n’avait pas besoin de démissionner de sa fonction de Médiateur de la République pour laquelle il a été nommé pour un mandat de 7 ans en 2011 par l’ancien président Amadou Toumani Touré.

La mission à lui confiée par la Nation a été accomplie avec brio, juge Ibrahim Famagan Coulibaly, d’autant plus que les deux objectifs à lui assignés à savoir la libération des régions occupées par les Jihadistes et l’organisation de la présidentielle ont été atteints. Le directeur du département de la Communication du bureau du Médiateur de la République d’expliquer le rôle éminemment important joué par Diango Cissoko dans le cadre de l’Opération Serval et l’organisation de la plus appréciable élection présidentielle de l’histoire de notre pays par l’homme ayant permis à IBK d’accéder au pouvoir. Pour tout cela, « les Maliens devraient être reconnaissants envers un digne fils du pays », précise M. Coulibaly.

Mais pourquoi Diango ne va pas directement réoccuper son poste ? Pour Ibrahim Famagan Coulibaly, « il est certainement dans l’attente d’un feu vert solennel du nouveau président de la République, Ibrahim Boubacar Kéita. C’est à lui de dire à l’ancien Premier ministre, puisque votre mission gouvernementale est terminée, retourne à la Médiature ».

Que dire de la position de certains spécialistes du droit qui disent que « dans le décret de nomination du Médiateur de la République il est clairement dit que cette fonction est incompatible avec toute autre fonction politique ou institutionnelle. C’est dire que pour prétendre remplir une autre fonction alors que le mandat n’est pas encore à terme, le Médiateur doit purement et simplement démissionner. Ce que Diango n’a pas fait. Et puisque Diango n’a pas démissionné, alors ceux-ci trouvent que le décret de sa nomination comme Premier ministre rend caduc de fait le décret qui l’a nommé Médiateur de la République » ?

Pour Ibrahim Famagan Coulibaly, ce sont là des faux spécialistes du droit qui ignorent carrément les textes du Bureau du Médiateur de la République. Pour M. Coulibaly, ceux qui prétendent que l’ancien PM ne doit plus retourner à la Médiature sont des courtisans d’IBK, des chercheurs de postes, lesquels sachant bien qu’il y a insuffisance de places à leur offrir sont à la manœuvre pour déboulonner Diango Cissoko de la Médiature.

C’est dire que le débat fait rage entre les deux camps et il appartiendra au nouveau président de la République, Ibrahim Boubacar Kéita, de trancher la question. Le plus rapidement serait le mieux d’ailleurs. Ibrahim Famagan Coulibaly rappelle que si IBK venait à décider autrement en nommant un nouveau Médiateur de la République, non seulement ça va être la perte d’une valeur sûre de la République, mais ça pourrait provoquer un tollé au niveau de l’Association des Ombudsmans de la Francophonie. Le cas de la Roumanie étant encore vivace dans les esprits.

Nommé Médiateur de la République le 18 mai 2011, Diango Cissoko, précédemment secrétaire général de la présidence de la République, a prêté serment le 30 mai devant l’ancien chef de l’État, Amadou Toumani Touré. Cela conformément à la loi n°97-022 du 14 mars 1997 instituant le Médiateur de la République dans notre pays.

Le 11 décembre 2012, il a été nommé Premier ministre de la transition par le président de la République par intérim, Pr. Dioncounda Traoré. De cette date à nos jours, le poste de Médiateur est resté vacant. Diango n’a pas démissionné et un successeur n’a pas été nommé. C’est dans ce contexte que nous nous trouvons aujourd’hui.

Abdoulaye Diakité
SOURCE: L’Indicateur du Renouveau du 25 sept 2013