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La nomination de Tiébilé Dramé par le Secrétaire général de l’ONU, comme médiateur permanent dans les pourparlers à Madagascar intervient dans un contexte marqué par la rupture totale entre les deux parties.

En effet, les premières tentatives de négociations ont presque toutes échoué à commencer par celle menée par l’archevêque d’Antananarivo, Mgr Odon Marie Arsène Razanakolona. Qui avait pourtant réussi à mettre les deux parties autour d’une même table.

Mais le dialogue a été brutalement stoppé mercredi, lorsque le président Ravalomanana a choisi de ne pas se rendre à une nouvelle rencontre.

Son adversaire, Andry Rajoelina, président autoproclamé d’une « Haute Autorité de Transition », répète que la démission de Marc Ravalomanana est une exigence non négociable. Il a aussi appelé ses partisans à la mobilisation.

Autant dire que cette situation prédit une mission délicate pour le médiateur permanent.

Incessamment attendu dans la grande Île, Tiébilé Dramé, avec son expérience accumulée dans les hautes fonctions occupées au Mali et à l’étranger, peut réussir cette mission avec la baraka de toute la nation malienne. Ancien leader estudiantin, plusieurs fois ministre, Tiébilé Dramé, qui a été aussi plusieurs fois candidat aux élections présidentielles et qui fut le président de la Commission d’organisation du Sommet Afrique-France de Bamako, est un homme politique malien de grande envergure. Il n’est pas à sa première mission diplomatique au compte des Nations Unies. On se rappelle qu’en plus des hautes responsabilités occupées dans l’Association internationale de défense des droits humains qu’est Amnesty International, il a, au compte de l’ONU, servi à Haïti et au Burundi.

Sa nomination est un honneur pour notre pays qui a déjà fourni de grands médiateurs qui ont fortement contribué à apaiser des zones de tenions en Afrique et dans le monde. On se rappelle encore des résultats remarquables de ATT et de Me Alioune Blondin Bèye, au Liberia, en Centrafrique, au Burundi et en Angola.

Tiébilé Dramé qui a été nommé « pour aider à dénouer la crise politique à Madagascar » aura une mission distincte de celle du sous-secrétaire général de l’ONU chargé des affaires politiques, Haïlé Menkerios, qui vient d’effectuer deux missions à Madagascar.

Faut-il rappeler que la Grande Île connaît depuis la mi-décembre une crise politique ouverte entre le président Marc Ravalomanana et le maire d’Antananarivo Andry Rajoelina, qui a depuis été destitué.

La crise s’est aggravée en janvier et une centaine de personnes sont mortes dans des violences liées à ce conflit.

Youssouf CAMARA

04 mars 2009