Partager

Tounko, vous venez de remporter la médaille d’argent aux Jeux africains. Etes-vous pour autant comblée ?

Tounko Sylla : Cela me fait plaisir, même si je suis frustrée par l’arbitrage. J’étais venue ici pour offrir une médaille d’or au Mali. Je retourne avec l’argent. Cette médaille est donc un lot de consolation. Mais, ce n’est que partie remise parce que nous allons nous préparer à mieux aborder les prochaines compétitions. Le karaté féminin au Mali ne manque pas d’atouts et de valeurs sûres. Nous allons nous donner les moyens de rehausser davantage l’image de notre pays.

En dehors des erreurs d’arbitrage, reconnues par de nombreux observateurs, avez-vous l’impression que quelque chose vous a manqué dans cette finale ?

T.S : Les décisions arbitrales ont été litigieuses. Nous sommes frustrée d’avoir été privée de cette médaille d’or. Mais, après tout, cela reste le sport. Il faut s’en accommoder. C’est à moi de tirer les leçons et de faire en sorte qu’il n’y ait plus la possibilité de me voler une victoire une prochaine fois.

Vous êtes Malienne de France. Qu’est-ce qui vous a motivée à venir défendre les couleurs du Mali ?

C’est ma patrie, la terre de mes ancêtres où j’ai encore une grande partie de ma famille. C’est donc un devoir de défendre les couleurs du Mali. J’ai intégré l’Equipe nationale du Mali grâce au vice-champion du monde, Ibrahim Gary, qui a contacté Ahmed Traoré et Madani Bah.

Que retenez-vous de votre première participation aux Jeux africains ?

Je suis impressionnée ! Cette participation m’a permis de me faire une idée du niveau du karaté africain. Je pense que c’est un très bon niveau avec de très bons athlètes qui font des podiums, même lors des compétitions mondiales. Je garde donc de bons souvenir de cette première participation et j’espère que la prochaine fois, nous allons remporter beaucoup de médailles d’or.

En tant que sportive d’élite, quelles sont vos ambitions aujourd’hui ?

Décrocher pour le Mali une médaille d’or au niveau mondial est mon ambition. Je vais donc redoubler d’efforts pour préparer les championnats du monde de 2012.

Quel message avez-vous à lancer à tous les sportifs Franco-maliens qui hésitent encore à venir défendre les couleurs du Mali ?

Je les exhorte à ne plus hésiter. En ce qui me concerne, c’est une belle expérience et j’espère pouvoir encore faire plus de choses pour le mon pays d’origine, le Mali. Et je suis sûre que beaucoup de jeunes bénéficiant de la double nationalité meurent aujourd’hui d’envie de défendre les couleurs du Mali. Mais, le plus souvent, ils ne savent pas à qui s’adresser.

Moi, j’ai eu la chance de connaître Ibrahim Gary, mais avoir un contact avec les dirigeants sportifs du pays demeure un problème majeur pour réaliser cette ambition de défendre les couleurs du Mali. Et il faut que les fédérations sportives nationales et le Ministère de la Jeunesse et des Sports réfléchissent à la question et trouvent une solution. Cela ne pourra que renforcer le sport malien dans les grandes compétitions.

Propos recueillis à Maputo

Par Moussa Bolly (MJS) / L’Indépendant, 09/09/2011