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Parce que je n’ose même pas imaginer la réaction des autorités algériennes si c’est notre pays ou un autre pays qui devait demander à siéger dans un organe, même consultatif, devant aider à régler un de leurs problèmes internes. Je n’ose même pas imaginer la réaction de nos voisins, eux dont la fierté et le nationalisme sont à fleur de peau. Surtout quand dans notre cas, on nous parle maintenant d’opération de maintien d’ordre.

L’autre jour, quand le ministre Kafougouna Koné a été interpellé par le député du RPM, Boubacar Touré, c’est la ènième version qui a été sortie. A tel point qu’on peut se demander à juste titre où se trouve la vérité. Chaque explication de texte apporte son lot de nouveautés.

A propos de l’interpellation du ministre Kafougouna Koné, à mon humble avis je crois que le RPM aurait dû en faire l’économie. Sauf à vouloir profiter de 90 minutes à la télévision, qui ne vous consacre en temps normal même pas trois minutes, je pense que c’était inutile. Et cela donne l’impression de vouloir jouer les prolongations sur un match qui est fini, en tout cas en ce qui concerne les accords.

Sinon, le ministre a passé une nuit entière à huis clos avec les élus. Il fut même traité de traître à cette occasion par certains députés du RPM. Une résolution a sanctionné le huis clos. Le RPM a pu manifester son désaccord et a fait lire par le chef de son groupe parlementaire une contre résolution. Sincèrement je m’étais dit que c’était fini et le combat allait se dérouler ailleurs, sous d’autres formes. Cela peut ressembler à de l’acharnement inutile.

Moi je conseille à tous ceux qui ne sont pas d’accord de ne pas baisser la garde. Chacun à son niveau dans son rôle. Que ceux qui peuvent saisir la justice le fassent ! Que ceux qui peuvent veiller à ce que les accords n’accordent pas l’impunité aux mutins le fassent !

Il y a des gens qui ne supportent pas la contradiction ; il y en qui ne sont pas tolérants au point d’admettre qu’on puisse avoir des opinions différentes et divergentes ; il y en a qui ne se sentent à l’aise que quand tout le monde s’accorde dans une belle hypocrisie sur leur beauté, sur leur patriotisme. Laissons-les. Chacun sa culture. Chacun son miroir.

Nous, notre miroir c’est le peuple. Il ne se rouille pas et il ne se brise pas. Aujourd’hui, malgré les tam-tams, les marches de soutien, les meetings, les accords ne sont pas sortis de l’ornière et de l’obscurité. La confusion ne fait que s’épaissir jour après jour. Et elle ne profite pas à un débat serein.

C’est peut-être ce que les femmes ont dû se dire en marchant sur l’Assemblée nationale, le jour où Kafougouna parlait de maintien d’ordre pour la désertion. Cette marche-là aurait valu un maintien d’ordre. Bref, les femmes ont dû se convaincre que le moment était propice à un forcing au sein de l’Hémicycle afin de tordre la main aux élus.

Or le débat qui les concerne au niveau de la loi électorale est un débat qui est loin d’être tranché. Parce que dans aucun pays, la loi ne peut en imposer aux us et aux coutumes. Qu’on le veuille ou non, nous sommes dans des sociétés phallocratiques. Et ce n’est pas par les quotas qu’on parviendra aux résultats que certaines femmes recherchent. Parce que la vérité c’est que homme ou femme, en politique ce sont les mêmes pratiques.

Il y a des femmes qui ont abandonné leur parti politique, qui ont lâché les regroupements qui les ont portées jusqu’à la victoire. Elles n’ont qu’à moraliser la vie politique avec les hommes et je suis sûr que les changements viendront, le moment venu, d’eux-mêmes. Il ne sert à rien de s’acharner et à tomber dans le folklore.

Celles qui ont marché l’autre jour auraient dû consacrer du temps à faire du lobbying auprès des élus, femmes et hommes. Au lieu de se livrer en spectacle, elles auraient pu tirer les leçons de tous les échecs qu’elles enregistrent auprès de leurs sœurs dans le cadre de leurs activités auxquelles malheureusement la majorité des femmes Maliennes ne comprend absolument rien. Rien n’est perdu. Mais il y a du travail à mener sur le terrain.

TBM

8 août 2006.