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Je dois dire que les journalistes ont de la mémoire ; ils n’oublient rien ou presque. Ils viennent d’en administrer la preuve avec les 100 jours d’ATT dont ils semblent être les seuls, avec l’intéressé bien entendu, à se rappeler et à s’y intéresser. Et c’est en voyant qu’ils n’ont rien vu justement pendant ces 100 jours qu’on peut admirer leur courage et leur sens du devoir. Parce qu’entre l’investiture pagailleuse et cafouilleuse du 8 juin et la reprise des hostilités dans le Nord de notre pays en passant par les inondations, la cherté de la vie, l’immobilisme, on n’a que le choix des embarras ; comme le dirait l’autre, entre la peste et le choléra, le choix est difficile.

Pour faire court, disons que du 8 juin à aujourd’hui, il y a la reconduction du même gouvernement dans ses fonctions sans qu’il n’y ait un décret de nomination parce que selon certains constitutionnalistes, dès lors que le président de la République accepte la démission du gouvernement, s’il doit reconduire la même équipe, cela devrait se faire sur la base d’un nouveau décret de nomination.

Mais tout le monde a pu le constater, en dehors des journaux, il n’y eut personne pour relever l’anomalie. Après, il y eut le fameux rapport du Vérificateur général. 103 milliards, c’est la somme astronomique, à quelques millions près, que le Vérificateur général a pu identifier comme fruit de la mauvaise gestion, de la dilapidation, du gaspillage et même de la corruption. A part le détail sur les 11 millions de francs dépensés en café et en sucre en un seul jour qui a fait rire le commun des Maliens, il n’y eut rien. Parce que nos compatriotes sont quelque peu blasés devant tout le gâchis auquel ils assistent sans aucune conséquence pour les responsables.

Le président de la République avait remis le dossier au gouvernement pour suite à réserver. Quelques naïfs comme moi avaient juré que le président ATT allait commencer son second mandat en faisant comprendre à tous les indélicats que l’heure de la carotte est dépassée et le temps est venu de faire fonctionner le bâton. Mais bon, je garde toujours espoir. Après le scandale des indélicats, comment ne pas parler de la fameuse histoire de la « maîtresse du président de la République ».

Ce sera certainement l’une des taches sombres sur le second mandat du président de la République. Et puis pour terminer, il y a la résurgence de la violence au Nord du pays. Bahanga et ses troupes, rejoints par Fagaga, ont décidé de mettre notre pays à feu et à sang à défaut de le mettre à genoux. Dans cette affaire, le commun des Maliens est frappé par le mutisme du président, lui si loquace dans ce genre de situation. Mais bon, le fait est que le Nord nous fait mal et ce n’est pas la dernière trêve décidée par les bandits qui changera la situation.

Pendant ce temps, les Maliens souffrent dans leur chair les difficultés de la vie au quotidien. Il y a tous ces Maliens qui sont victimes des pluies diluviennes. On les voit tassées dans les salles de classe se demandant dans bien de cas comment s’en sortir. Ceux qui ont pu échapper à la colère au ciel ont été victimes des commerçants spéculateurs qui ont multiplié les prix des produits de consommation. Il est difficile pour les Maliens de manger à leur faim. Même les prix du piment et du gingembre ont prix l’ascenseur. Seul le pain a échappé. Mais à quel prix si j’ose m’exprimer ainsi.

Pour le même prix, les consommateurs ont un pain complètement amaigri. Or, en les reconduisant dans les conditions qu’on sait, le président de la République avait demandé aux ministres de veiller spécialement pour éviter la hausse des prix des produits de première nécessité. Ce qui est risible dans la situation actuelle, c’est qu’il n’y a personne pour tenter d’expliquer quoi que ce soit.

Le ministre Choguel K, qui faisait l’avocat du diable lors de la crise alimentaire de 2005, a complètement disparu. Ceux qui avaient développé une expertise pour expliquer les problèmes sont tous aux abonnés absents. C’est pour cela que je n’ai pas pu m’empêcher de rire l’autre soir quand j’ai vu le porte-parole du gouvernement, Ousmane Thiam, venir nous parler à la télévision des… tarifs du pèlerinage. Mais bon chacun a les priorités qu’il peut.

El hadj TBM

21 septembre 2007.