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Le Groupe-pilote sur les financements innovants pour le développement a tenu sa huitième session plénière à Tokyo, au Japon, les 16 et 17 décembre 2010, sous la présidence du ministre japonais des Affaires étrangères, Seiji Maehara, en présence d’une soixantaine de chefs de diplomatie dont le ministre Moctar Ouane qui a été porté à la tête du Groupe-pilote pour un mandat de six mois, à compter du 1er janvier 2011.

Les représentants des Etats, des organisations internationales concernées (ONU, OMS, UNICEF, UNESCO, FAO, Banque Mondiale, OCDE…), des fondations partenaires, des organisations non-gouvernementales, ainsi que ceux du secteur privé étaient représentées à cette 8ème session du Groupe-pilote qui a confirmé le changement d’échelle amorcé en matière de financements innovants. La réunion de Tokyo a permis de constater le développement satisfaisant des mécanismes de financements innovants. Il s’agit de la contribution de solidarité sur les billets d’avion , de la facilité de financement international pour la vaccination, des mécanismes de garanties d’achats futurs, ou des mécanismes de marché (affectation d’une partie du revenu des enchères de crédits carbones au développement).

Ces mécanismes, faut-il le rappeler, ont permis, depuis 2006, de mobiliser plus de quatre milliards de dollars additionnels à l’aide traditionnelle et de sauver des centaines de milliers de vies à travers le financement d’actions conduites dans le domaine de la santé. Aujourd’hui, ce sont 25 pays qui mettent en œuvre ou qui participent activement à des mécanismes de financements innovants dans le monde.

La conférence de Tokyo a permis de constater un changement d’échelle avec le ralliement de nouveaux pays aux mécanismes déjà existants et l’avancement des discussions sur de nouveaux instruments, comme le projet de contribution de solidarité sur les transactions financières. Et la reconnaissance par les Nations Unies de l’importance de la promotion de ces instruments pour lutter contre la faim et la pauvreté et le financement des biens publics mondiaux (climat), lors du sommet de New York sur les objectifs du millénaire sur le développement en septembre dernier.

Le Groupe-pilote a souhaité voir le G20 s’intéresser davantage aux financements innovants dans son agenda  » développement » et s’est engagé à réaliser plusieurs études techniques. Un nouveau groupe de travail « santé » a, par ailleurs, été mis en place.

Le Groupe-pilote s’est également engagé à organiser, en marge du Sommet sur les Pays les Moins Avancés (PMA) à Istanbul en mai prochain, une réunion spéciale pour promouvoir le potentiel des financements innovants de ces derniers. A l’issue de la réunion, le ministre japonais des Affaires Etrangères, Seiji Maehara, dont la présidence à la tête du Groupe-pilote arrive à terme le 31 décembre 2010, a passé le témoin à son homologue du Mali, Moctar Ouane, qui dirigera le Groupe pendant le premier semestre 2011.

Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale a remercié ses pairs pour la confiance placée dans le Mali et ses institutions et leur a donné l’assurance que notre pays mettra tout en œuvre pour faire avancer et aboutir les priorités de l’organisation au cours de son mandat. L’Espagne succédera au Mali à partir du second semestre 2011. Le Groupe-pilote est le cadre où se mènent les réflexions sur les financements innovants et qui est chargé de la mise en œuvre des contributions de solidarité. C’est la France qui assure son secrétariat permanent. Il compte désormais 63 pays membres avec l’adhésion du Sri Lanka, de l’Équateur et du Bhoutan.

Pour rappel, il convient de souligner que c’est à l’occasion de la Conférence internationale de Monterrey sur le financement du développement de 2002 que la communauté internationale a recommandé la recherche de sources novatrices de financement. En janvier 2004, à Genève, les présidents brésilien, chilien et français ont, avec le soutien du Secrétaire général des Nations Unies, lancé une initiative contre la faim et la pauvreté, appelant à créer de nouvelles sources de financement en faveur du développement.

Au Sommet mondial de 2005, les chefs d’État et de gouvernement ont reconnu qu’il était important de mettre au point de nouvelles sources de financement et se sont associés aux efforts déjà engagés au niveau international. Ce message a été réaffirmé lors de la réunion de haut niveau des Nations Unies sur les OMD à New York en septembre 2008, dans la Déclaration  » Action contre la faim et la pauvreté ».

Bandiougou DIABATE

L’Indépendant du 03 Janvier 2010.