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«Je suis opposé à toute tenue d’une élection présidentielle sans la reconquête de nos territoires du Nord». C’est la vision de Me Tidiani Guindo, avocat et candidat à l’élection présidentielle avorté d’avril 2012 au Mali. C’est dans une correspondance que le président du parti Danbé se prononce sur le débat selon lequel la reconquête des régions du nord doit échoir à une autorité légitime élue.

jpg_me-election.jpgPendant que la polémique ne s’estompe pas encore au sujet de l’envoi des forces de la Communauté Economique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) en vue de libérer les territoires du nord du Mali aux mains des islamistes depuis des mois, le président du parti Mali Danbé fulmine : «Aucun patriote ne cautionnera l’arrivée des troupes étrangères sur son sol». Pour lui, une aide logistique, un soutien aérien et des agents de renseignement ou des conseillers formateurs sont (seront)les bienvenus. Derrière le débat et la perspective d’une intervention militaire de la CEDEAO dans ce conflit se cache un plan de partition du Mali, assure-t-il.

La vision de l’avocat est d’aider les forces de défense et de sécurité à «laver l’affront» qu’elles ont subi(e )au nord. «Il y va de l’honneur du peuple malien», a-t-il assuré. «L’armée malienne demande des moyens, qu’on lui donne ces moyens et qu’on observe. Si malgré tout, elle est en difficulté, alors on peut envisager une intervention étrangère…», dit-il.

Selon lui, les appels incessants à une intervention militaire étrangère dans la crise du nord contribuent à affaiblir davantage l’armée. «Le drame, c’est que ceux qui, pendant 20 ans, étaient au pouvoir et qui sont encore aux affaires au Mali, qui ont affaibli l’armée, qui ont préféré la corruption, l’enrichissement personnel, leurs intérêts au détriment des intérêts du Mali, sont les mêmes aujourd’hui qui veulent la fin de l’armée malienne parce qu’elle menace leurs intérêts» a-t-il ironisé.

Seydou Coulibaly

18 Septembre 2012

©AFRIBONE