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Maître N’Famara Sanogo est un fervent adepte du Kung-Fu Wushu. A 47 ans, il exhibe à la perfection les techniques complexes du wushu. Il a déjà honoré le Mali à la Coupe du monde en Chine en se hissant deux fois de suite (2010 et 2012) à la troisième place mondiale. Portrait.

n_famara-int.jpgA l’âge de 12 ans, il a été initié aux arts martiaux par les chinois en Côte d’Ivoire. Aujourd’hui, il est ceinturé noire 5e degré. En 35 ans de pratiques, Me N’Famara Sanogo figure parmi les grands maîtres du wushu malien. Malgré son âge, il exhibe avec perfection les techniques complexes du wushu.

« Je fais du taolou. Il s’agit de l’épée ou encore Kwen shu l’épée de Wudong. Je fais souvent le taiti chuen, une technique prisée des chinois pour distraire le corps », explique-t-il.

Après avoir longtemps appris auprès de ses maîtres chinois, il rentre définitivement au Mali en 2010 avec un seul objectif : se préparer pour participer à la Coupe du monde du wushu au nom du Mali. Pour une première participation, il se hissera sur le podium à la troisième place. En 2012, il ira réitérer le même exploit en Chine.

Marié et père de six enfants, N’Famara, se consacre aujourd’hui au développement de la discipline au Mali. Malgré ses maigres moyens, il enseigne le wushu dans deux salles à Bamako. La première se trouve au stade du 26 Mars et la seconde dans la cour du tribunal de la Commune VI.

A la question de savoir ce que le wushu lui a servi, il dit : « La santé physique, mentale et l’art de vivre. En plus de cela, la philosophie du wushu m’a beaucoup guidé dans mes choix. L’éducation que j’ai reçu à partir de mon art m’a permis de vivre en harmonie avec les autres », explique-t-il.

Il estime que le développement du wushu, à travers son enseignement dans les écoles et autres établissements scolaires du Mali, peut aider le Mali à former des futurs cadres exemplaires. « Je demande à la jeunesse de faire du sport. Le kung fu est un art complet. Tout le monde est apte à le pratiquer. C’est l’un des meilleurs moyens pour éduquer les enfants. Il permet de former de bons militaires, aide les enfants à être plus intelligents et lutte contre certaines maladies psychomotrices », précise-t-il.

Selon Me Sanogo, la pratique du kung fu est très développée au Mali. La participation des athlètes maliens aux différentes compétitions internationales prouve cela. « Nous sommes parmi les meilleurs du continent, car récemment on a remporté 20 médailles lors du championnat d’Afrique avec 20 athlètes. Il faut que les autorités aident les pratiquants d’arts martiaux », plaide-t-il.

Sory I. Konaté
24 Novembre 2016
©AFRIBONE