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Le Président du Congrès national d’initiative démocratique (CNID Faso Yiriwa Ton), Me Mountaga Tall, a sacrifié à sa traditionnelle cérémonie de présentation de vœux à la presse le mardi 8 janvier dernier. Occasion pour lui de passer en revue l’actualité nationale et internationale.

Cette année, elle intervient au moment où l’existence du Mali est menacée, avec ses 2/3 sous occupation des jihadistes. C’est pour cette raison que le Président du parti du Soleil levant a durci le ton à l’intention des bandits armés et de leurs alliés qui occupent le Nord de notre pays: «le Mali, n’est pas, comme un pays issu de la balkanisation, un coupé-collé de territoires pour constituer un Etat. Le Mali est une nation, une vieille nation, qui s’est construite au fil des siècles. Une partie du territoire malien est certes occupée aujourd’hui, mais que nul s’y méprenne, on ne peut détruire la nation malienne à coups de canon. Certes, en tant que nation, le Mali vit des moments extrêmement difficiles, subit des épreuves. Mais les nations résistent toujours aux épreuves et finissent par l’emporter et s’imposer».

Avant d’ajouter que les proclamations fantaisistes d’indépendance et les velléités sécessionnistes ne pourront en aucun cas venir à bout du sentiment national d’un Mali Un et Indivisible. Le N°1 du CNID FYT s’est aussi préoccupé de la situation des populations sous occupation, qui ne reçoivent quasiment rien de l’Etat mais continuent malgré tout à se proclamer Maliennes avec fierté.

Me Tall s’est indigné qu’on veuille venir apprendre l’Islam aux populations d’une cité (Tombouctou) où reposent des centaines de Saints. «Avec ces groupes islamistes, nous avons malheureusement assisté à des actes graves d’intolérance, consistant à profaner des tombes de Saints musulmans, à incendier des lieux de culte chrétiens, à lapider, à mutiler, à violer, à voler, à exproprier, le tout en violation flagrante des prescriptions du Saint Coran», a-t-il regretté.

Face à la situation actuelle, le patron du CNID pense que le temps ne se prête pas au maximalisme, ni à l’exclusion pour régler des comptes, ni à l’accaparement pour sauvegarder ou récupérer des prébendes de l’Etat. Il a aussi martelé que, tous les mandats étant expirés, on ne saurait parler de majorité, d’opposition ou de supposée représentativité jusqu’aux prochaines élections. C’est pour cette raison qu’il a expliqué que les concertations nationales sont toujours d’actualité, en ce sens qu’elles permettront de réunir l’ensemble du peuple pour débattre de ce qui nous est arrivé et envisager des pistes de solution.

Me Tall a aussi expliqué qu’il ne fallait pas réduire ces concertations à l’élaboration de la feuille de route. «L’équation concertations nationales = feuille de route est fausse. A un moment, elles étaient demandées par tous, malheureusement, certaines conditions ont fait qu’il n’y a pas eu d’accord entre nous», a-t-il précisé.

Concernant les négociations avec les bandits armés, Me Tall doute fortement de la sincérité de ceux-ci. «Qui croira que des gens qui ont pris les armes contre leur propre pays vont renoncer à leurs objectifs si cela leur est gentiment demandé? Aucune négociation n’aboutira sans une force de persuasion, qui ne peut être qu’une menace militaire crédible». Selon lui, s’il doit y avoir négociations, cela doit se faire sous l’autorité des autorités de notre pays.

Auparavant, le militant convaincu de la liberté de la presse avait invité la classe politique, la société civile, l’armée et les religieux à oublier un tant soit peu les agendas particuliers et ambitions personnelles et «à penser Mali pour agir Mali». «Tel ont été notre credo et démarche depuis le 22 mars».

Youssouf Diallo

22 Septembre du 10 Janvier 2013