Partager

Cher(e) et Honorable Collègue,
Permettez-moi tout d’abord, de vous renouveler ou de vous adresser mes vives et chaleureuses félicitations pour la confiance dont nos compatriotes vous ont investi en vous élisant députés à l’Assemblée Nationale du Mali.

Cette confiance, placée en chacune et en chacun d’entre nous, doit se mériter et se consolider par les actes quotidiens que nous posons dans l’exercice de notre mandat tant au sein de l’Assemblée Nationale, dans nos circonscriptions, partout ailleurs au Mali que sur la scène internationale.

Notre mission de représentant du peuple est, certes, difficile mais elle est aussi passionnante, exaltante et nous pourrions la réussir si nous gardons présent à l’esprit que nous sommes d’abord et avant tout les élus de la Nation et que notre mandat transcende nos partis et nos associations. Nous sommes et devons demeurer au service de la Nation en privilégiant toujours l’objectivité et l’intérêt général au détriment de toute autre considération.

Cher(e) et Honorable Collègue,

Réussir notre mission suppose essentiellement deux choses : une équipe et une vision.

En effet, notre Assemblée Nationale a besoin d’un Président qui a une connaissance approfondie des problèmes du Parlement et des relations interparlementaires, un Bureau ouvert à toutes les compétences et sensibilités politiques sans exclusive ni exclusion, et un programme clair et cohérent qui consolide les acquis tout en ouvrant de nouvelles perspectives.

Cher(e) et honorable Collègue, pour accomplir cette mission, je voudrais vous soumettre ma candidature à la présidence de notre Assemblée ainsi que le programme que je souhaiterai appliquer avec vous.

Cher(e) et Honorable Collègue,

Je suis donc candidat à la présidence de l’Assemblée Nationale du Mali.

De bonne foi, certains d’entre vous pourraient s’interroger sur la pertinence d’une telle candidature en raison du nombre de députés obtenus par le parti auquel j’appartiens. A ces collègues je voudrai dire trois choses:

Premièrement : L’élection du président de l’Assemblée Nationale n’obéit pas à des critères exclusivement partisans ou arithmétiques. C’est pour cette raison que les candidatures sont libres et que le Président est élu avant même la constitution officielle des groupes parlementaires.

La raison, qui est simple et évidente est, qu’il faut que le Président soit d’égal partage entre tous les députés et qu’il soit au dessus de la mêlée politique.

Je m’engage à être ce Président.

Deuxièmement : C’est précisément en raison de ce nombre peu élevé de députés que je serai un Président forcément à l’écoute de tous, consensuel et équilibré qui n’aura pas les moyens, même sous les pressions qui ne manqueront pas, d’imposer la toute puissance de son groupe.

En cela, le nombre modeste de députés apparaît plutôt comme un gage contre toute forme d’accaparement ou d’exclusion.

Troisièmement : Enfin, ce modèle que je propose a été expérimenté hier et avec succès au Tchad ou le Parti du Président Kamougué disposait de sept (7) élus. Il est en cours d’achèvement aujourd’hui au Congo avec le président J.P.Tystère Tchicaya. L’expérience est en cours pour cinq (5) années encore en Mauritanie avec l’élection à la présidence de l’Assemblée Nationale de Mauritanie de Massaoud Ould Boulkheir dont le parti l’A.P.P. dispose lui aussi de … sept (7) députés.

Cher(e) et Honorable Collègue,

Je suis candidat parce que je crois au Parlement et toute ma vie politique a été un hymne à la vie parlementaire.

De 1992 à aujourd’hui je n’ai été et n’ai voulu être que député. J’ai participé à tous les scrutins avec les risques et les difficultés qu’ils comportent mais aussi avec le réconfort que donne le suffrage. J’ai, jusque là, décliné toute autre voie parfois plus facile et plus confortable. Cette option permanente, qui, pour moi, n’a jamais été un choix obligé faute d’autre chose, m’a permis de capitaliser une expérience que je voudrais partager avec vous.

En effet, et au cours de mes différents mandats j’ai connu successivement la majorité et l’opposition que j’ai dirigée entre 1992 et 1997.

Je connais donc parfaitement la situation des opposants et saurai en conséquence préserver leurs droits.

Je m’ y engage.

J’ai été président de Groupe parlementaire et ai toujours défendu et contribué à faire mettre au coeur du débat politique à l’Assemblée Nationale les Groupes et leurs présidents.

Je m’engage à continuer et à amplifier cette action.

Au plan international, j’ai conduit des délégations dans tous les grands forums interparlementaires (ACP UE ; Union des Parlements de l’O.C.I.. ; Francophonie) ou j’ai pu acquérir des expériences et nouer des amitiés qui pourraient servir notre Parlement.

J’ai été reçu et ai discuté avec 13 Présidents de Parlements sur les 15 de la CEDEAO.

J’ai été aussi député du Parlement de la CEDEAO et suis actuellement au Parlement Panafricain.

Revenant au plan national j’ai aussi été, pendant cinq (5) années consécutives premier Vice président en charge de la coordination des activités des vice présidents, des secrétaires parlementaires et de toute l’activité législative et administrative.

J’ai pu, en ma qualité de Président du Comité de pilotage du Programme d’Appui au Renforcement de la Gouvernance à l’Assemblée Nationale (PARGAN) mesurer les acquis et les besoins de notre Assemblée, poser un diagnostic précis et réfléchir à des solutions qui constituent le socle du programme que je vous propose.

Le programme que je propose de mettre en oeuvre avec vous s’articule autour des mesures destinées aux députés pour leur permettre d’assumer, dans les meilleures conditions possibles, leurs missions d’une part et à la mise en oeuvre de réformes institutionnelles profondes en vue de permettre au Parlement de jouer pleinement son rôle d’autre part.

Toutes ces mesures se feront dans le cadre du budget actuel de l’Assemblée Nationale et de ses progressions annuelles normales.

Elles seront fondées essentiellement sur la rationalisation des dépenses qui induiront des économies substantielles et le renforcement de la coopération interparlementaire.

Notre programme que je veux commun, comporte des engagements précis en faveur du député, des mesures collectives et enfin des réformes institutionnelles profondes.

Je m’engage, en faveur des députés à faire en sorte que :

l-Chaque député dispose d’un bureau ;

2-Chaque bureau soit équipé d’un ordinateur personnel connecté à Internet

3-Chaque député reçoive une formation appropriée aux NTIC de façon générale et, plus spécifiquement, dans la recherche et la collaboration interparlementaires ;

4-Chaque député puisse, dans le cadre d’une négociation globale, acheter à un prix concurrentiel avec des conditions de remboursement douces et étalées dans le temps, un véhicule 4X4 ;

5-Chaque député dispose d’une place de parking personnel, gardé et sécurisé

6-Chaque député puisse, dans les mêmes conditions que pour le véhicule, bénéficier d’une maison d’habitation ;

7-Chaque député bénéficie de l’assistance du protocole de l’Assemblée pour ses déplacements à l’extérieur ;

8-Chaque Président de Commission dispose d’un bureau

9-Chaque Président de Groupe parlementaire dispose d’un bureau

10-Chaque député bénéficie d’une assurance maladie et de médicaments à hauteur de souhait;

Je m’engage aussi sur le plan des mesures collectives à :

l-Refaire totalement la Salle Modibo Keita avec toutes les commodités nécessaires au travail en séance ;

2-A achever sans délai le restaurant du Parlement et à faire servir des plats de qualité à des prix raisonnables;

3-Sécuriser l’intérieur de l’Assemblée Nationale;

4-Assainir et sécuriser les alentours de l’Assemblée Nationale

5-A redéfinir le montant et le fonctionnement du Fonds de solidarité des députés

6-Instaurer les débats dans les langues nationales avec la traduction simultanée de/vers la langue officielle (le français) dans le respect de la Constitution ;

7-Lancer une radio de l’Assemblée Nationale, prélude à la Chaîne télévisée Parlementaire (La CTP)

8-Renforcer la collaboration entre l’Assemblée Nationale et toutes les autres Institutions de la République ;

9-Doter l’Assemblée Nationale d’une unité de soins avec des capacités renforcées

10-Rationaliser l’Agenda parlementaire pour plus d’efficacité du travail des députés.

Les reformes institutionnelles, qui seront au coeur de l’action à mener porteront essentiellement sur la mise en oeuvre de nombreuses réflexions que j’ai eu le privilège de conduire dans le cadre du PARGAN.

Elles porteront essentiellement sur l’amélioration de notre cadre de travail au plan juridique, organisationnel et logistique ainsi que notre capacités intrinsèque à assumer nos missions.

Ainsi je m’engage à:

l-Clarifier et renforcer les compétences du Bureau;

2-Clarifier la répartition des tâches entre les différentes structures de l’Assemblée Nationale;

3-Mieux définir les responsabilités des différents acteurs et intervenants afin de mettre un terme à la confusion dans les rattachements hiérarchiques et au non-respect de la hiérarchie.

4-Combler le vide juridique qui existe en cas de dissolution de l’A.N. ou pendant la période séparant la proclamation des résultats d’une élection législative générale et la convocation du Parlement ;

5-Créer une corrélation entre le principe de l’autonomie financière de l’Assemblée Nationale et le nécessaire respect des grands principes du Règlement financier de l’Etat.

6-Renforcer les capacités de l’administration parlementaire pour un meilleur appui aux députés.

7-Motiver le personnel parlementaire par la fixation de règles transparente en matière de recrutement, l’instauration d’un plan de carrière et une uniformisation du statut du personnel ;

8-Redéfinir de nouvelles règles et procédures pour un meilleur contrôle de l’action gouvernementale

9-Créer une bibliothèque conforme aux attentes et besoins des députés ;

10-Allonger, dans le cadre de la relecture du Règlement Intérieur le mandat des membres du Bureau

Cher(e) et Honorable Collègue.

Je vous soumets ce programme parce que je pense que l’élection du président de l’Assemblée Nationale doit être un moment de débats et non une fin en soi, un simple exercice d’arithmétique électorale ou des consignes de vote mécaniques à appliquer.

Avec vous, je souhaite appliquer les mesures énoncées qui sont loin d’être exhaustives afin que notre Parlement rende compte, qu’il soit ouvert et transparent, accessible, efficace à l’échelon national, participatif aux affaires internationales et qui, enfin, regarde sereinement l’avenir.

Qu’Allah nous guide et nous assiste en donnant à chacun de nous la force, la volonté et la clairvoyance nécessaires pour mener à bien notre mission.

Je vous remercie

Maître Mountaga TALL

Député à l’Assemblée Nationale

30 août 2007.