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« Les villes de Gao, Kidal et Tombouctou tombées depuis quelques mois aux mains des groupés armées du Mnla et les djihadistes d’Ansar Edine sont devenues des zones de non-droit. C’est le constat établi par le président de l’Association malienne de défense des droits de l’homme(AMDH). Dans une intervention sur les antennes de la BBC, Me Moctar Mariko, fait l’état des lieux avant d’ajouter qu’une intervention militaire s’impose.

A entendre ce militant des droits de l’homme, on ne peut même pas parler de droits dans ces régions, parce que les gens n’arrivent pas à s’alimenter, à se soigner, « il n’y a pas d’école ». A cela vient s’ajouter la destruction des mausolées et des mosquées de Tombouctou avec des arguments farfelus, incompréhensibles. « Vraiment, il est temps que la communauté internationale vienne au secours du Mali », souhaite Me Mariko devant la gravité de la détérioration des droits de l’homme dans ces zones.

Pour cela, il se dit favorable à l’envoi d’une force internationale pour protéger les populations qui sont à la merci des assaillants. « Je suis totalement favorable à l’intervention militaire au Mali. Parce que, à l’heure où je vous parle, les populations sont torturées moralement, elles sont affligées. On ne sait même pas de quoi demain sera fait. Nous lançons un cri de cœur. Parce que nous savons que si notre armée n’est pas dotée de moyens logistiques, elle ne peut pas faire face à ces terroristes qui occupent le nord du pays.

Pendant tout ce temps qu’on est en train de parler, il y a aucune action concrète qui a été posée par le gouvernement Malien… », s’est-il lamenté. Malheureusement, ce cri de cœur du résident de l’AMDH semble bien loin d’altérer la détermination des islamistes à poursuivre leur entreprise de destruction des monuments centenaires de la ville sainte. Ce témoignage de l’un des acteurs en dit long sur cette question après la destruction de la porte sacrée de la « Mosquée Sidi Yahiya » qui était restée fermée depuis plusieurs décennies, le 2 juillet dernier « Les habitants de Tombouctou pensaient que si quelqu’un ouvrait cette porte, ce sera la fin du monde. Nous l’avons donc ouvert pour prouver qu’ils ont tort. Nous avons cassé la porte entièrement. Afin de combler le trou nous allons construire une paroi, un mur. Tout ce qui n’est pas en conformité avec la charia sera détruit », a-t-il prévenu.

Souhaitons, en revanche, que le cri de cœur du président de l’AMDH puisse faire tâche huile à Ouagadougou où la question d’un gouvernement d’union nationale sera à l’ordre du sommet des chefs d’Etats de la Cédéao sur la crise malienne. Les représentants de la classe politique malienne et de la société civile sont conviés à cette rencontre pour la formation d’un gouvernement inclusif à même de mieux gérer les défis que connaît notre pays.

Abdoulaye OUATTARA

Le Républicain du 6 Juillet 2012