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Interrogé hier, Me Magatte Sèye, avocat à la Cour, soutient que placer un citoyen sur écoute téléphonique sans l’autorisation du procureur de la République est une infraction qui peut être sévèrement réprimée.

Selon Me Magatte Sèye, avocat à la Cour, la loi autorise les écoutes téléphoniques, mais il y a des conditions à respecter. A l’en croire, c’est le procureur de la République qui doit d’abord autoriser que la personne soit mise sur écoute. « C’est au procureur d’apprécier les conditions dans lesquelles il doit fixer cette possibilité. En ce moment, les autorités qui sont habilitées à permettre l’écoute, les techniciens notamment sont avertis et sont saisis par une décision du procureur de la République », poursuit l’avocat.

Pour lui, la ligne de n’importe qui peut être mise sur écoute de façon officielle. « Généralement, on n’a même pas besoin d’avertir la personne. Mais, ce n’est jamais quelque chose de gratuit. C’est dans les cas extrêmement graves que le procureur en vient à cette mesure-là, car la vie privée et l’intimité des personnes sont protégées ».

Sur les mises sur écoute des citoyens, Me Sèye dit qu’il ne pense pas que tout le monde soit mis sur écoute actuellement. « Nous n’avons pas d’ailleurs la possibilité de le faire techniquement et ensuite le procureur n’a pas que ça à faire. Il a beaucoup d’autres choses à faire que de mettre les gens sur écoute », note Me Sèye.

Aux dires de Me Sèye, mettre quelqu’un sur écoute sans l’autorisation du procureur de la République est illégal. Cet acte, dit-il, est une infraction (la violation de l’intimité, la violation de la vie privée). Selon l’avocat, les mises sur écoute illégale peuvent être poursuivies et peuvent être sévèrement réprimées. « Les compagnies qui pourraient éventuellement le faire, il vaut mieux qu’elles s’abstiennent de le faire sans l’autorisation du procureur sinon ça devient complètement illégal », leur conseille-t-il.

Sidiki Doumbia

Les Echos du 13 Juin 2012